Népal : la formation du premier gouvernement dirigé par un maoïste donne lieu à de difficiles tractations

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Pushpa Kamal Dahal, plus connu sous son nom de guerre Prachanda, président du Parti communiste du Népal (maoïste) ou PCN-M, élu Premier ministre le 15 août 2008.

16 août 2008. – Au lendemain de l'élection de Pushpa Kamal Dahal, plus connu sous son nom de guerre Prachanda, président du Parti communiste du Népal (maoïste) ou PCN-M, aux fonctions de Premier ministre, de difficiles tractations sont toujours en cours, samedi 16 août 2008, entre les trois principaux partis de la nouvelle majorité, pour répartir les portefeuilles ministériels du futur gouvernement.

Les tractations, commencées dans la matinée du 15 août, se sont interrompues le temps de procéder, à l'Assemblée constituante, à l'élection du nouveau Premier ministre, scrutin auquel le président de la République, Ram Baran Yadav, issu du Congrès népalais, avait donné son feu vert en début de semaine, faute d'un consensus entre les 25 partis représentés à l'Assemblée, pour désigner le nouveau gouvernement.

Si Prachanda est le premier maoïste à prendre la tête d'un gouvernement népalais, il n'est toutefois pas le premier communiste nommé à ces fonctions : Man Mohan Adhikari, décédé en 1999, membre du Parti communiste du Népal (marxiste-léniniste unifié) (PCN-MLU), avait en effet dirigé le gouvernement, entre le 30 novembre 1994 au 12 septembre 1995, sous le règne du roi Birendra, frère aîné du roi Gyanendra (déchu le 28 mai dernier par l'Assemblée constituante).

L'élection du Premier ministre

Localisation du Népal

Deux candidatures avaient été enregistrés jeudi soir :

« Prachanda » avait reçu le soutien de 20 de 25 partis représentés à l'Assemblée constituante, tandis que la candidature de Sher Bahadur Deuba était soutenue par le seul Congrès népalais et que trois petites formations décidaient pour leur part de boycotter le scrutin.

Au final, selon le président de l'Assemblée constituante, Subash Chandra Nemwang, 577 des 601 membres de l'Assemblée ont participé au vote, qui n'a nécessité, comme il était prévisible, qu'un seul tour de scrutin, les scores respectifs des candidats étant de 464 voix pour « Prachanda » et de 113 voix pour M. Deuba.

La prestation de serment de « Prachanda » devrait survenir dans la matinée du 18 août et, probablement, être suivie de l'annonce de la nomination du nouveau cabinet.

Les tractations sur la composition du cabinet

Armoiries du Népal

Selon des informations concordantes dans les médias, le nouveau gouvernement devrait comprendre 24 ministres, soit deux de moins que dans le cabinet démissionnaire dirigé par Girija Prasad Koirala. La répartition des portefeuilles, entre les divers partis de la coalition, pourrait être la suivante :

Les discussions semblent avoir atteint le consensus, pour le moment, pour attribuer les portefeuilles de la Défense et des Finances aux maoïstes, les portefeuilles de l'Intérieur et du Tourisme aux marxistes-léninistes unifiés et ceux de l'Éducation et de la Communication au Forum des droits du peuple madhesi.

Le Congrès népalais dans l'opposition

Les discussions avec le Congrès népalais ont achoppé sur la question du titulaire du ministère de la Défense. Les maoïstes argüaient que, traditionnellement, ce portefeuille est attribué au parti dont est issu le Premier ministre, tandis que le Premier ministre démissionnaire, Girija Prasad Koirala, et ses amis, estimaient que le passé insurrectionnel des maoïstes, qui disposent encore de forces armées non complètement démobilisées malgré la fin de la guerre civile au printemps 2006, rendrait dangereux le fait de leur confier le portefeuille de la Défense.

La poursuite des discussions sur la formation d'un nouveau gouvernement, quatre mois après l'élection de l'Assemblée constituante et plus de trois semaines après l'élection du président et du vice-président de la République, ainsi que celle du président de l'Assemblée, semble s'être retournée contre le Congrès népalais.

Le Congrès népalais, en effet, était parvenu à mettre sur pied, pour les scrutins des 19 et 21 juillet, une coalition qui regroupait le Congrès népalais, les marxistes-léninistes unifiés et le Forum des droits du peuple madhesi, conduisant à l'élection, le 19 juillet, de Paramananda Jha (issu du Forum des droits du peuple madhesi) à la vice-présidence de la République, tandis que, le surlendemain, Ram Baran Yadav (issu du Congrès népalais) était élu à la présidence de la République, dans les deux cas en battant un candidat issu des rangs maoïstes, et que, le 23 juillet, Subash Chandra Nemwang (issu des rangs marxistes-léninistes unifiés), était élu, sans opposition, à la présidence de l'Assemblée constituante[1].

Dans les trois semaines qui ont suivi les scrutins des 19, 21 et 23 juillet, les dirigeants du Congrès népalais avaient tenté à plusieurs reprises de formaliser l'alliance de circonstance qui s'était faite pour barrer la route de la tête de l'État aux maoïstes, et avaient essayé de mettre sur pied une coalition qui aurait exclu du pouvoir le parti maoïste, bien que celui-ci dispose de 38 % des sièges à l'Assemblée, loin devant ses suivants immédiats (le Congrès népalais et les marxistes-léninistes unifiés). Il était apparu, à l'issue de toutes les discussions menées par le Congrès népalais, que tous ses interlocuteurs estimaient impensable que les maoïstes puissent être écartés du gouvernement.


Notes

Sources

Sources anglophones
Sources francophones



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