France : le plus grand défilé de robes de son histoire

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Épitoge d'un avocat

11 février 2011. – La France a été le théâtre du plus grand défilé de robes organisé sur son territoire. Toutes les étoffes y étaient représentées : robes d'avocat, robes de greffiers, hermines des magistrats. Le monde judiciaire ne décolère pas des propos de Nicolas Sarkozy, à la suite du drame de Pornic. Le chef de l'État avait demandé des sanctions à l'encontre de ceux qui n'auraient pas assuré le suivi judiciaire de l'auteur du massacre d'une jeune fille.

Cette sortie présidentielle avait provoqué une levée de boucliers dans le monde judiciaire, du magistrat au policier en passant par les avocats. Dès jeudi dernier, plusieurs juridictions ont organisé la grève des audiences à l'exception des plus urgentes. Outre la ville de Nantes, d'autres chefs-lieux ont embrayé le pas, dont Dijon, Marseille, Toulouse, Bordeaux. La journée d'hier a été le point d'orgue de cette colère. Tout le monde judiciaire a battu le pavé, épitoges flottant au vent, dans toutes les grandes villes de l'Hexagone. Ce sont près de 10 000 personnes qui ont manifesté leur ras-le-bol.

Fait exceptionnel, les avocats ont aussi défilé aux côtés de leurs « adversaires » policiers. Ces derniers se sont déclarés solidaires des magistrats. Des propos plus aigres que doux ont fusé dans les rangs des manifestants. « Le président a dépassé les bornes » dénonce une manifestante. « On n'en peut plus » renchérit un magistrat. Des banderoles dignes d'un défilé syndical ont été déployées : « Justice en péril, tous concernés » ou encore « Justice méprisée, démocratie en danger. »

La Cour de cassation, peu encline à toute déclaration tonitruante, a manifesté « sa très vive préoccupation ». L'honorable institution a voulu manifester sa « solidarité avec tous ceux qui, dans un contexte de pénurie, assurent quotidiennement le fonctionnement des juridictions et des services. »

Lors de son intervention télévisée sur TF1, hier soir, Nicolas Sarkozy a persisté dans sa demande de sanctions à l'encontre des présumés auteurs du dysfonctionnement au sein du Tribunal de Grande Instance de Nantes. Reconnaissant le professionnalisme des magistrats, il a minimisé le manque de moyens de la justice, avançant une augmentation de 16 % des effectifs dans la Chancellerie ces dernières années.

Ce dernier argument a été battu en brèche par la presse et par les principaux intéressés, rappelant à de nombreuses occasions que la France pointe à la 37ème place sur 43 pour son budget par an et par habitant alloué à la justice. Pire, le nombre de magistrats n'a pas évolué depuis 100 ans.


Sources

  • ((fr)) – V.L.« Les acteurs de la justice dans la rue aujourd'hui ». Le Bien public, page 2n° 38410 février 2010.
  • ((fr)) –  « La journée de la colère ». Le Bien public, page 17n° 38511 février 2011.
  • ((fr)) –  « Sarkozy répond aux magistrats ». Le Bien public, page 16n° 38511 février 2011.
  • ((fr)) –  « Du jamais vu en Côte d'or ». Le Bien public, page 6n° 38511 février 2011.