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Gilets jaunes : samedi 9 février 2019

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Publié le 9 février 2019
Cette 85e journée des « Gilets jaunes » du samedi 9 février 2019 a été promue sous l’appellation acte XIII pour faire suite à l'acte XII (samedi 2 février) et tout au début, l'acte I (samedi 17 novembre 2018). Le mouvement ne s'arrête pas pour autant en semaine en province où le mouvement qui se tasse reste quotidiennement plus suivi qu'à Paris, en France.

Malgré des blessures et des incidents, cette journée est encore une réussite pour l’exécutif, car les violences et le nombre de personnes impliquées en France sont toujours en baisse par rapport à la semaine dernière.

Les plus graves incidents se sont produit à Paris où un manifestant a eu la main arrachée, une voiture militaire a été incendié et les palissades protégeant l'entrée de l'Assemblée nationale ont été enfoncés mais sans succès grâce au 80 000 agents des forces de l'ordre répartis dans toute la métropole.

Au total, cette journée a rassemblé selon le ministère de l'Intérieur, 51 400 (-14%) participants en France et 118 222 selon le collectif le Nombre jaune. Plus de 45 personnes ont été interpellées et 42 ont été placées en garde à vue.

Dans la nuit de vendredi à samedi, le mot « Juden ! » (Juif) a été tagué en jaune, sur la devanture d’un restaurant Bagelstein rue Jean du Bellay sur l'île Saint Louis (IVe). La Licra a twitté : « l’antisémitisme, canal historique. Paris, 2019. Berlin, 1938. ». Le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux a twitté : « l’antisémitisme le plus crasse dans les rues de la ville lumière. En 24h donc : incendie contre le domicile de Richard Ferrand, attaque contre l’Assemblée nationale et actes antisémites ».

Ce matin, sur la radio RTL le comédien François Berléand a affirmé : « Depuis le début, ils me font chier les Gilets jaunes ». Un journaliste nommé François Berland (sic) en a fait les frais depuis les propos de l’acteur : il a reçu de nombreux tweets de personnes très en colère.

Dans un communiqué transmis à l'AFP, la Gilet jaune Jacline Mouraud a préconisé conserver dans son projet le quinquennat mais le régime présidentiel deviendra "un régime parlementaire comme l'Allemagne, l'Espagne conservé l'Italie et c'est le premier ministre qui serait un "président du Conseil" (façon IVe République) et qui détiendrait le pouvoir et pas le président.

La YouTubeuse Virginia Vota a affirmé dans une vidéo intitulée « Information et médias bientôt contrôlés par l'état : la dictature en marche ? » que l'on accueille trop de personnes qui portent en elles un autre héritage, une autre histoire, une autre culture, d'autres meurs.

Dans la soirée, sur la chaîne Cnews, Thierry-Paul Valette a expliqué ne pas être resté sur la liste du chanteur Francis Lalanne crée le 17 décembre car Francis est ouvert à tous, même aux extrêmes.

À Paris

Selon la Préfecture de police, 4 000 (-62%) personnes ont manifesté. Au total, 45 personnes ont été interpellées, dont 42 ont été placées en garde à vue.

La capital a reçu quatre blindés VRGB et un millier d'agents des forces de l'ordre.

D'après le journaliste Vincent Lapierre protégé par dix gardes du corps, la physionomie du mouvement a changé : entre 50 et 100 Black blocs casqués, tout en noir, avec des battes, se sont incrustés au cœur du mouvement faisant la loi dans le cortège : Thibault « le Gaulois aux cheveux longs », s’est violemment fait exclure du cortège et l’un de ceux qui l’accompagnaient a été emmené à l’hôpital suite à un coup de casque “antifasciste”.

Comme chaque samedi, aux tirs de projectiles, dégradations de mobilier urbain, de banques, de véhicules, les agents de l'ordre ont répondu par des tirs de grenades lacrymogènes, de désencerclement GLF4 et de LDB40 (lanceurs de balles de défense).

Les lieux qui ont été particulièrement touchés sont : rue de Rennes, boulevard Saint-Michel, autour du jardin du Luxembourg et au pied de la Tour Eiffel, mais c'est devant l'Assemblé national ou ça a été le plus violent.

Dès 10h30, des dizaines de Gilets jaunes ont bloqué les Champs-Élysée vide d'agents de l'ordre qui sont arrivés en fourgonnette mais ont du faire demi-tour en lançant des grenades lacrymogènes. Les Gilets jaunes ont commencé à descendre l'avenue, tandis que les agents de l'ordre ont commencé à se déployer.

Vers 10h45, des agents de l'ordre ont bloqué les Gilets jaunes qui ont fait demi-tour et sont retournés vers l'Arc de triomphe.

Vers midi, un néo-nazi a fait un salut nazi puis a donné un coup de pied dans le visage d'un commissaire de Police.

Vers 13h, arrivés près de l'Assemblée nationale, des manifestants ont uriné sur les grilles d'enceinte et tenté d'enfoncer les palissades qui protègent l'entrée de l'Assemblée nationale.

Des manifestants ont jeté des projectiles au-dessus de ces palissades.

Pour disperser les manifestants, les agents de l'ordre ont lancé des grenades lacrymogènes et de désencerclement GLF4 et c'est alors qu'un manifestant a tenté d'en repousser une à l'aide de sa main qui a vu ses quatre doigts arrachés lors de l'explosion de la GLF4. Le lundi 11 février, le secrétaire général du syndicat Unité-SGP Police FO, Yves Lefèvre, affirmera sur CNews : « je vais être très cru mais c’est bien fait pour sa gueule ».

Les manifestants ont été immobilisés sur le pont de la Concorde, avant que le cortège puisse repartir sur le boulevard Saint-Germain.

Vers 14h30, au 88 boulevard Saint-Michel des policiers en civil ont filmé un casseur, Thomas P., 25 ans, connu de la DRPP (Direction du renseignement de la préfecture de police) pour son appartenance à la mouvance anarcho-autonome. Malgré qu'il ait brisé les vitres de la banque Bred à coup de marteau, la police ne l'a pas appréhendé tout de suite, car d'après la syndicat Linda Kebbab, la justice « force » les policiers à suivre « longtemps » l’auteur d'un délit même si il en commet d'autres après, car il faut collecter un maximum de preuves sinon c’est la relaxe.

Après avoir saccagé la Bred, Thomas le casseur a cassé le marbre de l'agence MatMut à coups de marteau pour en faire des projectiles qu'il a jeté sur des policiers dans la rue Edmond-Rostand.

Rue de Vaugirard, le casseur a ramassé une chaise en métal et la jeté sur les agents de l'ordre. Des poubelles et des deux roues incendiés rue de Vaugirard. Au n° 26, il a cassé la vitrine de la Banque postale ainsi que sa façade et sa caméra de surveillance.

De 14h41 à 15h20, il a édifié une barricade au n°140.

Il a brisé les vitres de l'agence d'assurances MMA puis les vitres de la Banque populaire. Rue des Volontaires, il a participé à l'encerclement d'un véhicule de la police stationnée près de la rue Pasteur (XVe).

Vers 15h15, aux abords du sénat, rue de Vaugirard, des policiers du DAR ont été visés par au moins un cocktail Molotov.

Vers 15h43, Thomas le casseur est entré par effraction dans une agence d'assurances Allianz et en est ressorti avec un ordinateur, qu'il a jeté et saccagé sous les vivas de la foule. Rue du Dr Roux, il s'en est pris à une agence de la BNP. Rue François-Bonvin, il a attaqué des véhicules stationnés, et notamment à ceux de la concession Renault, dont les vitres sont cassés par une trottinette. Il a incendié la Porsche de Christian Etchebest, le chef cuisinier de La Plus Belle Région de France sur France3. Il a brisé la vitre d'une BMW, s'est emparé d'une sacoche noire qui se trouvait à l'intérieur et l'a vidé sur la chaussée.

Rue du Laos, il a tenté - en vain - de forcer une cabane de chantier. À l'angle de la rue saint-Dominique et de l'avenue de la Bourdonnais (7e), il a caillassé les agents de l'ordre, puis rue Émile-Pouvillon (VIIe), il s'en est pris à deux véhicules : il a desserré le frein à main de la Honda qu'il a poussé sur le deuxième.

Vers 16h30, près de la Tour Eiffel, lieu d'arrivé du cortège, du mobilier urbain et des distributeurs de banques ont été cassés, une dizaine de véhicules a été incendiée, principalement des voitures de luxe. La paroi de verre qui protège la Tour Eiffel a été la cible de casseurs.

À 16h45, Thomas le casseur a saccagé le marbre d'une résidence à coups de marteau, et lancé les morceaux sur les policiers. Il a détruit toutes les caméras de surveillance sur son chemin. Avenue Octave-Gréard, au pied de la tour Eiffel, il est arrivé près des deux véhicules militaires Sentinelle aux vitres brisées, et en a incendié l'un d'entre elle. De la rue, il a extrait des pavés qui ont servi à briser une vitre d'une fourgonnette pénitentiaire.

Vers 17h55, lui et son groupe ont été dispersés par une charge de police rue Georges-V (8e), et se retrouvant tout seul rue Christophe-Collomb, Thomas a été arrêté par des policiers en civil, après des dizaines de milliers d’euros de dégâts.

D'après Linda Kebbab, la peine encouru pour :

  • Destruction par incendie : 10 ans + 150000 €;
  • Violences + arme + à plusieurs : 5 ans + 75000 €;

Elle « mise » sur 1 an, peut-être avec sursis.

En marge de la manifestation, une boutique Dior a été dégradée rue François Ier (8e). Boulevard Saint-Germain, la vitre d'un abri-bus a aussi été endommagée. Deux agences bancaires ont subi des dégradations rue de Rennes. Une agence de la Société générale boulevard du Montparnasse a été vandalisée. La Nouvelle Librairie a encore subit l'attaque des antifas.

La manifestation s'est terminée avant 20h00 après dispersion par les forces de l'ordre.

En région

À Briançon, à l'appel de plusieurs associations comme Médecins sans frontières ou Médecins du monde, une centaine de personnes se sont rassemblées au Champ de Mars pour rendre hommage au Togolais retrouvé mort jeudi matin.

À Bordeaux, 5.000 Gilets jaunes se sont rassemblés. Dans le cortège flottaient de nombreux drapeaux français, et un drapeau noir anarchiste, derrière des banderoles proclamant : « En route pour un monde meilleur ». Douze policiers ont été blessés et 18 personnes ont été interpellées.

À Caen, 1 700 personnes ont manifesté, selon la préfecture.

À Charleville-Mézières, la permanence de la députée LR Bérengère Poletti, élue dans les Ardennes, a eu une vitre brisée.

À Dijon, une des places fortes du mouvement, le cortège s'est élancé aux cris de « Macron démission ».

À la Roche-sur-Yon, un millier de manifestants ont défilé, des affrontements et des dégradations ont été commis : des devantures ont été forcées. L’hôtel du département a été vandalisé, plusieurs vitres ont été brisées et des projectiles ont été retrouvés à l’intérieur du bâtiment. Des banques et assurance ont aussi été visées.

À Lorient, 2 000 personnes ont défilé. Sur un gilet jaune était écrit : « produits alimentaires +8 à 10%, retraites et pensions -3,5%. On en a marre ». « Macron démission, Castaner en prison », ont scandé des manifestants. Les gardes mobiles, ont riposté aux projectiles par des tirs de lacrymogène et lanceurs de balles de défense (LBD).

À Lyon, entre 1500 et 2000 personnes, selon la police, et 4000 selon Le Progrès ont manifesté dans les rues à l'appel d'un collectif "Lyon se soulève" : "plus que jamais, soyons unis face aux diverses tentatives de division interne de la part d'organisations politiques ou syndicales ("anti-fafs", CGT, etc.) avec le mot d'ordre "Beaucoup de bruit, pas de casse" et en scandant "Tout le monde déteste les fachos". 80 membres d'extrême-droite ont pris l'habitude de se greffer a la manif et d'affronter les 100 "antifas" d'extrême-gauche, qui chantent des slogans anti-racistes. Une véritable bataille rangée s'est tenue au seuil du cours Lafayette. Les agents de l'ordre, en retrait au niveau du pont, ne sont pas intervenu, les deux camps se sont affrontés plusieurs minutes. "Je me suis fait courser par les fachos", a crié un jeune adolescent d'origine maghrébine, alors que ses compères zigzaguent en détalant au milieu d'un groupe d'hommes vêtus selon les codes des collectifs d'extrême-droite. L'hélicoptère de la gendarmerie, équipé d'une caméras de haute précision, a tout filmé. Les agents de l'ordre ont interpellé 22 personnes.

À Marseille, 1 500 milliers de Gilets jaunes ont défilé aux cris de "Macron, démission!", "Marseille, debout, soulève-toi!" et "Marseille antifa, la Plaine, elle est à nous!".

À Metz, 1.900 manifestants se sont rassemblé. Vers 17 heures, 800 à 900 personnes ont tenté de forcer un barrage des forces de l’ordre : les grenades lacrymogènes ont répliqué aux projectiles, 5 personnes ont été interpellées et plusieurs blessés :

  • quatre gendarmes ont été transportés à l'hôpital "pour des blessures aux membres inférieurs et des troubles auditifs";
  • deux "Gilets jaunes" ont été hospitalisés.

À Montpellier, 1 500 Gilets jaunes ont manifesté sous des banderoles : "Macron, rends l'ISF", "tous unis pour la démocratie et la solidarité". La police a dispersé les manifestants avec des autopompe à aquacanon devant la préfecture de l'Hérault, avant d'interpeller 8 personnes dont un mineur de 12 ans qui visait les vitres de la préfecture et le drone des agents de l’ordre, avec une fronde et des billes.

À Phalsbourg, les Gilets jaunes ont quitté un côté du rond-point de Mittelbronn pour s'installer de l'autre côté sur un terrain municipal.

À Rouen, la préfecture de Seine-Maritime, n’a pas souhaité communiquer sur le nombre de manifestants. « Il y a eu quelques poubelles et palettes brûlées » mais pas de « dégradation de vitrines ».

À Saint-Avold, au péage de l'A4, des Gilets jaunes ont fait la quête mais « pas de racket ». . Il ne s’agit pas de payer les frais de restauration mais des dons pour aider à payer les frais d’avocats de ceux qui ont été arrêtés.

À Saint-Etienne, 500 "Gilets jaunes" ont manifesté. Lors d'affrontements avec des manifestants, huit policiers ont été légèrement blessés par des jets de projectiles. Onze manifestants ont été interpellés.

À Saint-Martin-l’Hortier, le radar rapporte en moyenne 1077 €/jour à l’État (400 000 € en 2017). Un chiffre qui pourrait être revu à la baisse en 2018, le radar ayant été neutralisé à plusieurs reprises.

À Toulouse, 6000 personnes ont manifesté en criant "Macron salaud, le peuple aura ta peau". Trois photographes portant des casques estampillés PRESSE ont été touchés par deux grenades de désencerclement GLI F4 : Ulrich Lebeuf, Eric Lerbret et Valentin Belleville (ce dernier a été blessé à la cuisse par l'une d'elles). Onze manifestants ont été interpellés.

À Trignac, dans la nuit de samedi à dimanche vers à 22h50, le radar a été incendié.

À l'étranger
  • En Belgique, à Mons, la manifestation des Gilets jaunes a dégénéré : des dégâts mineurs ont été commis dans la maison du socialiste Elio Di Rupo. La police a dû procéder à au moins 38 arrestations;
  • En Italie, le Gilet jaune Maxime Nicolle n'a pas pu rejoindre Vintimille car la frontière a été bloquée à Menton par les forces de l'ordre.
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