Fidji : pourparlers à Wellington entre le Premier ministre et le chef des armées

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Localisation des îles Fidji
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Carte des îles Fidji
Carte des îles Fidji
Armes des îles Fidji
Armes des îles Fidji

28 novembre 2006. – Des pourparlers devraient avoir lieu incessamment à Wellington, capitale de la Nouvelle-Zélande, sous l'égide de Winston Peters, ministre des Affaires étrangères néo-zélandais, entre le Premier ministre de la république des îles Fidji, Laisenia Qarase, et le commodore Frank Bainimarama, chef d'état-major de l'armée.

M. Bainimarama, qui séjournait en visite privée en Nouvelle-Zélande et devait repartir lundi dans l'archipel, a accepté de différer son départ à la demande du ministre néo-zélandais, tandis que l'arrivée du Premier ministre fidjien était annoncée dans la matinée de mardi.

Les deux puissances régionales, l'Australie et la Nouvelle-Zélande, craignent en effet un coup d'État dans ce petit archipel océanien, qui en a déjà connu trois dans les vingt dernières années.

M. Qarase, Premier ministre fidjien, avait récemment cédé aux exigences de M. Bainimarama, en retirant le projet de loi d'amnistie qui aurait blanchi les auteurs de la tentative de coup d'État perpétrée en 2000, au cours de laquelle le chef d'état-major n'avait dû son salut qu'à la fuite devant les putschistes.

Mais le conflit entre les deux hommes semble toutefois plus profond, certains militaires accusant ouvertement le gouvernement de corruption et de mensonge, et paraissant décidés à obtenir la démission de l'actuel gouvernement civil, sans toutefois révéler leurs intentions réelles si cette exigence était satisfaite.

Les rumeurs de préparation d'un coup d'État ont persisté ces dernières semaines, bien que M. Bainimarama les ait initialement démenties. Le ministre des Affaires étrangères australien, Alexander Downer, affirme publiquement que l'armée fidjienne prépare un coup de force contre le gouvernement civil, et s'est lancé, ces derniers jours, dans une série de consultations avec plusieurs de ses homologues dans la région pour discuter des conséquences d'un éventuel putsch, ce qui devrait conduire, le 1er décembre, à une réunion des ministres concernés à Sydney, pour évaluer plus précisément la situation. Le gouvernement australien met d'ailleurs en garde ses ressortissants contre toute velléité de séjour dans l'archipel.

Les responsables militaires fidjiens se gardent d'ailleurs, désormais, d'apporter le moindre démenti formel aux rumeurs d'un coup d'État, et l'on note la présence inhabituelle, dans les rues de la capitale, Suva, de patrouilles armées, tandis qu'environ un millier de réservistes auraient été rappelés sous les drapeaux. On note également que M. Bainimarama avait récemment fait part de son intention de « nettoyer l'administration » des îles Fidji si les velléités d'enquête (et de poursuites) à son encontre et à l'encontre de divers autres officiers n'étaient pas abandonnées.

En toile de fond de ces rumeurs de coup d'État, on note les affirmations de divers responsables de l'industrie hôtelière fidjienne, selon lesquels l'incertitude ambiante aurait déjà fait perdre des sommes se chiffrant en millions de dollars au secteur hôtelier et à l'industrie touristique, tandis que les réservations pour l'année 2007 seraient en chute libre.

Sources

Sources anglophones
Sources francophones