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Brésil : des émeutes dans des prisons font une centaine de morts

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Prison Sao Polo

Publié le 12 janvier 2017
Quatre détenus ont été tués, la plupart décapités, dans la prison de Manaus, dimanche 8 janvier. Cette tuerie a conclu une semaine particulièrement sanglante dans les prisons brésiliennes. Au total, plus de 100 morts ont été dénombrés dans différents établissements du pays. Ces événements mettent en lumière l'incapacité du pouvoir à gérer ces lieux infiltrés par des gangs.

Dans la nuit du 1er au 2 janvier, des détenus membres de deux organisations criminelles s'affrontent dans une prison de Manaus, dans le nord du pays, aboutissant à un carnage : 56 personnes perdent la vie, décapitées pour la plupart. La mutinerie a duré dix-sept heures. Douze surveillants ont été pris en otage. 184 détenus en profitent pour s'évader, 65 d'entre eux ayant depuis été capturés.

Cinq jours plus tard, dans une prison de l'État de Roraima, dans le nord du pays également, 31 détenus meurent dans des conditions identiques. Il ne s'agit pas à proprement parler d'une mutinerie, mais « d'une action rapide d'un groupe de détenus » (moins d'une heure), d'après les autorités. Les victimes ont été décapitées, éviscérées, démembrées, d'après des photographies montrant, à l'intérieur des lieux, des dizaines de corps empilés dans un gigantesque bain de sang.

Ces tueries sont considérées par les premiers éléments de l'enquête comme une « vengeance » du groupe local FDN (Familia do Norte) contre le PCC (Premier commando de la capitale), sur fond de trafic de cocaïne.

Ces massacres mettent aussi l'accent sur un problème connu depuis longtemps au Brésil : celui de la surpopulation carcérale. En effet, le Brésil arrive, fin 2014, au quatrième rang mondial en terme de population carcérale, derrière les États-Unis, la Chine et la Russie, avec 167% de taux d'occupation au niveau national.

Le président Michel Temer a annoncé jeudi un plan national prévoyant la construction d'au moins une prison dans chacun des 27 États du Brésil en débloquant 800 millions de réals, soit 250 millions d'euros environ. Il a annoncé également que ces nouvelles prisons disposeraient de deux bâtiments distincts afin de séparer les détenus incarcérés pour des délits mineurs des criminels endurcis. Le gouvernement construira aussi cinq unités supplémentaires de prison fédérale, à sécurité maximale, pour y transférer les « leaders hautement dangereux ».

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Ce fichier audio a été créé d'après la version datant du 18 janvier 2017, et ne reflète pas les modifications ultérieures de l'article.


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