Dossier:Crise des CDS

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Cycles économiques.

Les Credit Default Swap (CDS) sont des contrats de protection contre les faillites. Ils reflètent l'estimation par les investisseurs du risque de défaut d'une société. La particularité des CDS est d'être des polices d'assurance dont les titres sont côtés sur le marché et classés dans les engagements hors bilan[1].

La crise des CDS[2] était en gestation depuis de nombreux mois. Dès la mi-2007, le magazine Time soulignait que le marché des CDS était de $45000 milliards, soit près de deux fois la taille du marché boursier américain (valorisé à environ $22 000 milliards, en baisse) et excédant largement les $7100 milliards du marché hypothécaire et les $4400 milliards de bonds du trésor américain. A titre de comparaison, le montant du PIB mondial était de 65 610 milliards de dollars en 2007 ; le PIB américain était de 13 780 milliards de dollars et la dette cumulée des Etats-Unis se monte aujourd'hui à 10 278 milliards de dollars. En France, le monde politique était resté silencieux, hormis Jean-Marie Le Pen qui avait prédit la crise pour l'automne 2008.

Sommaire

[modifier] Chronologie

9 août 2007 
La BCE intervient pour enrayer un krash du marché interbancaire en injectant 94,8 milliards d'euros[3]. La FED injecte 24 milliards USD dans le système financier de son pays.
17 février 2008 
Le gouvernement britannique annonce la nationalisation de l'établissement de crédit immobilier Northern Rock pour 25 milliards de livres.
16 mars 2008 
La 5ème banque d'investissement américaine Bear Stearns est vendue grâce à une aide de la réserve américaine de 30 milliards de dollars USD.
7 septembre 2008 
L'état américain prend le contrôle de Fannie Mae et Freddie Mac pour 200 milliards de dollars USD[4].
15 septembre 2008 
Mise en faillite de la banque Lehman Brothers par la Chambre des représentants qui refuse d'injecter de l'argent public pour enrayer la crise.
16 septembre 2008 
La réserve fédérale américaine met sur pied un plan de sauvetage de l'assureur AIG pour 85 milliards de dollars USD.
3 octobre 2008 
Aux États Unis, la chambre des représentants vote le plan Paulson de 700 milliards de dollars USD.
13 octobre 2008 
Les gouvernements des pays de l'Union Européenne annoncent la création d'un fonds de garantie de plus de 1700 milliards d'euros.
24 novembre 2008 
Les engagements du gouvernement des États-Unis et de la FED totalisent 7 400 milliards de dollars USD en soutien à la finance.
12 décembre 2008 
Madoff Investment Securities est mis en faillite suite à une fraude pyramidale de 50 milliards de dollars USD réalisée par Bernard Madoff.
23 décembre 2008 
La Securities and Exchange Commission (SEC) donne son accord à LCH.Clearnet Ltd pour opérer aux États-Unis comme chambre de compensation centrale pour des CDS.
10 février 2009 
Timothy Geithner annonce un nouveau plan de sauvetage des banques de près de 2000 milliards USD.
29 avril 2009 
La FED confirme racheter ses bons du trésor pour 1700 milliards de dollars, soit 12,5% du PIB américain[5].
14 octobre 2009 
Le Wall Street Journal annonce que les 23 banques et fonds d'investissement de Wall Street totalisent 437 milliards de dollars et vont verser 140 milliards de dollars de rémunération en 2009[6].

[modifier] Prospective

Le système financier est d'autant plus corrompu que la gestion des défauts de crédit est confiée à des syndicats, actuellement en situation d'insolvabilité. Cela conduit les banques à augmenter considérablement des primes de risque, de façon à prélever un maximum de trésorerie sur les marchés.

Dans un marché récessif, les CDS se transforment progressivement en pertes pour les banques ou assurances détentrices desdits titres[7]. Depuis octobre 2008, les mini-cracks successifs (yoyo) démontrent que cette crise boursière mondiale est devenu systémique. De plus, le marché est opaque depuis que le plan Paulson a suspendu l'obligation de mark-to-market.

Jusqu'à l'été 2008, il y avait très peu de différences entre les grandes entreprises pour les CDS, à peine 1 %. Aujourd'hui, il peut y avoir un rapport de un à dix, ce qui freine leurs possibilités d'emprunt[8]

[modifier] L'origine de la crise des CDS est dans les swaps

Comparaison des banques américaines et européennes en 2004

La fin des "prix producteurs" dans les années 70-80 conduit à une instabilité structurelle du cours des matières premières, appelées "commodities"[9]. Les prix de marché sont décorrélés de leur coût de production et des réserves disponibles. Aussi, les cours forcés des matières premières risquent de conduire à des demandes croissantes de conversion et de stockage en dehors du système bancaire. A titre d'illustration, le Vietnam est ainsi devenu le deuxième importateur d'or au monde sur le marché des métaux précieux. Par ailleurs, l'interdiction des ventes à découvert devrait logiquement obliger les banques à racheter leur position en or[10] [11]. Les institutions, notamment bancaires, ont surévalué largement le potentiel d'autorégulation des marchés. Ainsi, la dérégulation du crédit via les CDS a libéré la spéculation et facilité la décorrélation des cours financiers avec l'économie réelle depuis une décennie. Car les opérations de titrisation des CDS sont d'autant plus profitable qu'elles défaussent le vendeur de toute responsabilité dès la vente de ses titres, contrairement aux emprunts obligataires.

Au niveau mondial, les swaps se chiffraient à plus de 600 trillion de dollars USD en 2008. Le marché américain des produits dérivés est presque totalement contrôlé par 5 banques (JP Morgan Chase, Goldman Sachs, Bank Of America, Citibank, Wells Fargo) pour un montant supérieur à 200 trillions de dollars, c'est à dire près de 4 fois le PIB mondial[12].

[modifier] Les CDS suivent la loi de puissance

Chacune des banques anglaises Barclays et RBS ont des engagements s'élevant à 2400 milliards de livres en CDS (£4,8 trillions)[13]. Charles Goodhart estime que la seule nationalisation du groupe Lloyds Banking ferait passer la dette publique anglaise de 45% à 300% du PIB[14].

Actuellement, les suppressions d'emplois dans la finance mondiale sont de plus de 300 000. Thomas Philippon, professeur à l'université Stern de New York, estime que le secteur financier devrait détruire entre 1 et 1,4 million d'emplois dans le monde du fait de cette crise, dont 700 000 aux États-Unis. 2.9 millions d'emplois ont été officiellement détruits aux Etats-Unis en 2008 et 600000 postes ont été supprimés pour le seul mois de janvier 2009[15]. L'OCDE évalue entre 20 et 25 millions le nombre de chômeurs supplémentaires en 2010.

Comme lors du crack boursier de 1987, l'abaissement généralisée des taux d'intérêt des banques centrales revient à accorder des crédits illimités aux détenteurs de capitaux. Avec sa réserve de $2000 milliards USD, la Chine a donc la plus grande capacité d'emprunt au monde sur le marché. Mais les détenteurs de liquidités peuvent suivre deux stratégies : le rachat d'industries en difficulté ou le stockage de "commodities" hors du système bancaire. Car comment ne pas s'interroger sur la valeur d'une monnaie qui est prêtée moyennant un intérêt quasi nul ?

Le risque d'aboutir à la faillite du système des monnaies fiduciaires est évalué à environ 30% par Mandelbrot. En effet, les CDS freinent la circulation de la monnaie dans l'économie et n'excluent pas le risque d'escroqueries auxquels sont confrontés tous les assureurs.

[modifier] La régulation du marché des CDS par les fractales

Depuis 2008, la crise des CDS est au cœur de la dépression économique mondiale. À terme, l'injection massive de capitaux par les états dans l'économie laisse à penser que l'inflation peut être le deuxième effet de cette crise financière. La dépression décennale risque d'être d'autant plus sévère que l'économie a été gonflée par le crédit depuis l'éclatement de la bulle Internet en 2000. En effet, le cycle ternaire observé par Nikolai Kondratiev est récessif depuis le milieu des années 1990.

Suivant le modèle suédois, l'apparition de nouvelles monnaies locales est possible en Europe pendant cette phase de dépression économique. Le retour des politiques protectionnistes est vraisemblable en cas d'implosion du système monétaire international au cours des quatre prochaines années.

Depuis de nombreuses années, Benoit Mandelbrot alerte les autorités sur les aberrations mathématiques de la modélisation actuelle du marché. Il souligne que le marché des produits dérivés est un jeu à somme nulle. En 2008, ce gigantesque casino réunit environ 60 000 milliards de dollars de titres CDS "Credit Default Swap"[16] et de 600 000 milliards de dollars pour le marché des produits dérivés[17]. Lorsque les perdants de ce jeu ne peuvent plus payer les gagnants, cela aboutit au mieux à la mise en cause de leur patrimoine personnel ou au pire à des conflits.


Notes

[modifier] Articles connexes


[modifier] Sources

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