Mercosur : vers un accord de libre-échange avec l'Union européenne

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Chefs d'États des pays du Mercosur et des pays associés lors du XXXe sommet, à Córdoba le 21 juillet 2006

6 août 2010. – Les États membres du Mercosur, la communauté économique des pays de l'Amérique du Sud, qui signifie littéralement Marché commun du Sud ont conclu un accord tarifaire lors de la 39e édition de leur sommet mardi dernier à San Juan, en Argentine. Il s'agissait aussi d'encourager les négociations de libre-échange avec l'Union européenne (UE) et qu'elles soient plus rapides. Un accord de libre-échange avec l'Égypte a également été annoncé.

La décision la plus surprenante de l'accord concerne avant tout l'abolition de la taxe qui entravait le commerce de marchandises importées de l'extérieur du marché commun dans un pays membre, puis revendus dans un autre pays membre.

Le président brésilien Lula da Silva est en particulier convaincu qu'il est nécessaire de renforcer à l'avenir les négociations au sein de la communauté commerciale. Actuellement, le marché commun d'Amérique du Sud est constitué de quatre pays membres permanents, l'Argentine, le Brésil, le Paraguay et l'Uruguay, des pays associés, le Chili, la Colombie, le Pérou et l'Équateur, ainsi que les deux candidats le Venezuela et la Bolivie. Un accord d'association avec l'Union européenne reste une priorité élevé pour le président brésilien. Devenus de véritables puissances agricoles, les pays du Mercosur, notamment le Brésil et l'Argentine, cherchent un meilleur accès à l'Europe pour leurs produits. Tandis que les discussions entre les États membres de l'UE et le Mercosur ne sont que brèves depuis 1999, la Commission européenne a décidé, en mai, de relancer les négociations avec le Mercosur en vue d'un accord de libre-échange, celui-ci créerait une des plus grandes zones de libre-échange au monde avec 700 millions de personnes et un volume commercial de 100 milliards d'euros. Mais cet accord attise la crainte des agriculteurs européens et des décideurs politiques agricoles à commencer par la viande bovine. Dans ce secteur, qui représente 10 % de la production agricole totale de l'UE, les importations en provenance des pays du Mercosur ont déjà doublé au cours des cinq dernières années. Les céréales et la volaille européennes pourraient aussi être de plus en plus concurrencées. Entre 1998 et 2008, la part du Brésil dans la production mondiale de volaille est passée de 13 % à 42 %. En 2009, ce pays en est même devenu le premier exportateur, devant les États-Unis. « Même pour l'éthanol, filière où les échanges sont encore peu développés avec le Mercosur, la production naissante européenne à base de betteraves et de blé pourrait se voir fortement concurrencée par celle, déjà très dynamique, du Brésil à base de cannes à sucre », relève Hervé Guyomard, économiste à l'Institut national de la recherche agronomique (INRA). Un accord de libre-échange pourrait cependant bénéficier « considérablement à l'Europe », estime Bruxelles, car il ouvrirait de nouveaux débouchés, notamment à l'industrie aéronautique, à l'automobile et aux services.

La présidente de l'Argentine, Cristina Fernández de Kirchner a salué l'accord sur le code douanier en déclarant : « l'important, c'est que nous avons signé le code douanier. Nous avons surmonté nos différences ». Le président uruguayen José Mujica s'est également félicité de la conclusion positive des négociations.

Toutefois, même si le sommet s'est concentré sur les dossiers économiques, un nouvel épisode de tension s'est ouvert après que le président colombien Alvaro Uribe a accusé le Venezuela d'abriter sur son territoire des rebelles des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC). Alors que le président vénézuélien Hugo Chavez a rompu dans la foulée leurs relations diplomatiques, il pourrait avoir été excusé pour raisons de santé et ne pas assister au sommet mais des sources en provenance du Venezuela explique que ce serait une réponse à l'absence de l'argentin Néstor Kirchner lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères des États membres de l'UNASUR, l'Union des nations sud-américaines, le 29 juillet à Quito, en Équateur. Néstor Kirchner a été élu récemment au poste de premier secrétaire général de l'UNASUR, l'une des organisations chargée d'intervenir dans les conflits entre les États membres. Parallèlement, plusieurs chefs d'État d'Amérique du Sud seront demain à Bogota pour la prestation de serment du nouveau président colombien, Juan Manuel Dos Santos, longtemps ministre de la Défense d'Uribe et instigateur de l'offensive qui a permis d'affaiblir les FARC.

Sources