Les Palestiniens élisent leurs conseils municipaux

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5 mai 2005. – À deux mois des élections législatives prévues le 17 juillet en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, les Palestiniens étaient appelés à poursuivre l'élection de leurs conseils municipaux.

Une première phase d'élections avait eu lieu le 23 décembre 2004 dans 26 localités de Cisjordanie, suivie d'une seconde phase le 16 janvier 2005 dans 10 localités de la bande de Gaza. Le scrutin du 5 mai concerne quant à lui environ 400 000 électeurs, âgés de 18 ans et plus, répartis dans 76 circonscriptions de Cisjordanie (dont les villes de Bethléem, Kalkiliya et Salfit) et 8 dans la bande de Gaza (dont les villes de Rafah et Beit Lahya).

2 519 candidats – dont 399 femmes – concourrent dans ce scrutin destiné à élire 906 conseillers municipaux. Hormis les deux scrutins partiels de l'hiver dernier, c'est la première fois depuis 1976 que des élections municipales sont organisées dans les territoires administrés par l'Autorité palestinienne.

Le Conseil de l'Europe et diverses collectivités locales européennes ont envoyé plusieurs dizaines d'observateurs pour contrôler le bon déroulement du scrutin. Le National Democratic Institute (NDI), organisation non-gouvernementale d'origine américaine, a également dépéché une équipe internationale d'observateurs.

De son côté, pour parer à toute éventualité, le ministère de l'Intérieur palestinien a mobilisé 2 700 fonctionnaires de police répartis en Cisjordanie et dans la bande de Gaza.

Le scrutin, ouvert à 7 h du matin (04:00 UTC), semblerait entraîner une participation importante de l'électorat : la Commission électorale de la bande de Gaza faisait ainsi savoir que, un peu plus de quatre heures après l'ouverture des bureaux de vote, le taux de participation dans la bande de Gaza aurait atteint les 40 %.

Ces élections sont considérées, de l'avis général, comme un test grandeur nature de l'influence respectice du Fatah, parti du président Mahmoud Abbas (successeur de Yasser Arafat) et du Hamas, qui ne participait pas jusqu'alors aux élections. Il faut rappeler que, lors de la première phase d'élections municipales dans la bande de Gaza, en janvier, le mouvement islamiste avait remporté 75 des 118 sièges à pourvoir, le Ftah n'en gagnant que 39 et les 4 restants allant à des candidats divers. Le Hamas avait ainsi pris le contrôle de 7 conseils municipaux dans bande de Gaza, soit la majorité de ceux qui étaient à élire. En Cisjordanie, lors des élections du 23 décembre, le Fatah comme le Hamas affirmaient chacun de leurs côté avoir remporté la victoire en sièges, tandis que divers observateurs notaient que, plus probablement, les deux formations y avaient probablement fait « jeu égal ».

Le scrutin du 5 mai revêt donc une importance cruciale à deux mois des législatives, le Fatah risquant de perdre la large majorité dont il disposait jusqu'à présent, faute de concurrence sérieuse, au Parlement palestinien, voire d'être mis en minorité. Ces élections surviennent en outre dans un contexte de détérioration progressive des relations entre Israël et son Premier ministre Ariel Sharon d'un côté, l'Autorité palestinienne et son président Mahmoud Abbas de l'autre.

Sources

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