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Espagne : le bipartisme ébranlé par les élections locales

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Publié le 25 mai 2015
Lors des dernières élections locales (municipales et régionales) espagnoles qui ont eu lieu dimanche 24 mai, l'Espagne a connu un bouleversement : pour la première fois depuis la transition démocratique assurée par le roi durant les années 1970, les deux partis dirigeants, desquels sont issus tous les Premiers ministres espagnols depuis 1982, ont été mis en difficulté par des partis antigouvernementaux dits « indignés ».

Le Partido Popular (Parti populaire, PP), bien qu'arrivé en tête de nombreux scrutins — notamment régionaux, où il devrait conserver entre 6 et 9 communautés autonomes sur les 13 en jeu pendant cette élection —, a été mis en difficulté dans les deux villes principales du pays, Madrid et Barcelone, et dans certaines régions. En effet, le PP a perdu 40 % des voix par rapport aux dernières élections, qui avaient eu lieu en 2011, permettant au Partido Socialista Obrero Español (Parti socialiste ouvrier espagnol, PSOE), malgré une chute de 12,5 % des voix, de gagner de nombreuses mairies et régions. Cependant, les partis qui ont le plus fait parler d'eux sont les partis indignés, à savoir Ciudadanos (Citoyens, centre-droit, souvent abrégé en C's) et Podemos (Nous pouvons, gauche radicale), le dernier ne se présentant que dans les élections régionales mais soutenant certains candidats aux élections municipales.

Ces deux partis, apparus récemment en Espagne (janvier 2014 pour Podemos et juin 2006 pour C's), mènent campagne contre la politique d'austérité du gouvernement de Mariano Rajoy (PP). À Madrid, bastion conservateur depuis 1991 mais également lieu de naissance des indignés, l'ex-juge Manuela Carmena, qui mène l'alliance de gauche Ahora Madrid (Maintenant Madrid) et est soutenue par Podemos, pourrait remporter les élections et devenir maire si elle était soutenue par le PSOE, bien que le PP soit arrivé en tête du scrutin. En effet, le PP a obtenu 21 sièges, contre 20 pour Ahora Madrid et 9 pour le PSOE. À Barcelone, deuxième ville d'Espagne, c'est la plateforme Barcelona en comú (Barcelone en commun, en catalan), menée par Ada Colau, qui remporterait les élections municipales avec 11 sièges sur 41, juste devant Convergència i Unió (Convergence et Union, CiU), qui obtiendrait 10 sièges, dans l'hypothèse où les autres partis refuseraient de soutenir l'un ou l'autre parti.

Au niveau des régions, le PP conserve la mainmise sur 6 communautés autonomes, et arrive en tête dans 3 autres (Aragon, Castille-la-Manche, Baléares) mais pouvant être dépassé par une coalition de gauche comprenant notamment le PSOE et Podemos. Le PSOE, quant à lui, arrive en tête dans les Asturies et en Estrémadure, tandis qu'en Navarre, les partis régionalistes et nationalistes arrivent en tête. La Galice, le Pays basque, la Catalogne et l'Andalousie ne sont pas concernés par ce scrutin en tant que régions.

Cette débâcle du PP, qui perd 500 majorités absolues dans toute l'Espagne, est un mauvais signe pour les élections générales, qui pourront se tenir entre le 20 novembre 2015 et le 17 janvier 2016, et qui détermineront si Mariano Rajoy est ou non reconduit à sa fonction.


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