Espace : « Ce que nous proposons, c'est d'annuler le programme Constellation, pas de le retarder »

Une nouvelle de Wikinews, la source d'informations que vous pouvez écrire.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le 27 janvier, Barack Obama prononçant son discours sur l'état de l'Union.
Le vaisseau spatial Orion aurait dû permettre aux astronautes Américains de rejoindre l'ISS.
Dans sa configuration lunaire, Orion aurait déposé sur la Lune les premiers astronautes depuis 1972.

1er février 2010. – Le président américain Barack Obama a révélé aujourd'hui devant le Congrès les priorités financières qu'il a établies. De source proche de la Maison Blanche, il était su que le programme Constellation, visant le retour d'hommes sur la Lune, serait certainement abandonné. L'information est désormais officielle : « Ce que nous proposons, c'est d'annuler le programme Constellation, pas de le retarder », a déclaré le responsable du Budget Peter Orszag. Les sommes ainsi économisées financeront le développement d'une mission habitée vers Mars.

Neuf milliards de dollars ont déjà été investis dans le programme Constellation pour le développement du lanceur Ares, qui avait réalisé un premier vol d'essai en octobre 2009. Chaque année, la NASA reçoit un budget de 18 milliards de dollars ; selon une enquête demandée par le président, 3 milliards supplémentaires par an auraient étés nécessaires pour maintenir le programme Constellation — somme que les États-Unis se disent incapables de verser dans la tumultueuse situation économique actuelle.

L'arrêt du programme Constellation signifie l'arrêt des travaux sur le vaisseau spatial Orion, remplaçant des navettes spatiales, et l'arrêt du développement des lanceurs Ares I et Ares V. La combinaison d'Orion et d'Ares I aurait pu permettre de ravitailler la station spatiale internationale (ISS), dont la durée de vie a été allongée jusqu'en 2020. « Arrêter la station en 2015 serait une grave erreur, car nous ne pourrons pas attirer les meilleurs scientifiques si nous leur disons maintenant « bienvenue sur l'ISS, mais dépêchez-vous, nous fermons en 2015 » », avait déclaré Jean-Jacques Dordain, directeur général de l'agence spatiale européenne, sur la BBC. Dans sa configuration lunaire, Orion aurait eu pour but de déposer des astronautes sur la Lune.

Le président Obama serait déterminé à confier la construction de vaisseaux capables de rejoindre l'ISS au secteur privé. Les Américains payent actuellement 50 millions chaque passager embarqué sur un vaisseau russe Soyouz.

John Logsdon, ancien directeur du Space Policy Institute à l'Université George Washington, s'attend à ce que « la proposition de M. Obama provoque une levée de boucliers au Congrès, où les élus de Floride, et d'autres États dépendants de la Navette et de Constellation vont voir d'un très mauvais œil l'abandon de ce programme ». De son côté, Bill Nelson, sénateur démocrate de Floride — État abritant le centre spatial Kennedy — se dit prêt à « défendre la NASA et les milliers d'employés menacés de perdre leur travail ».

Le programme Constellation de la NASA avait été lancé en 2004 par George W. Bush. Il visait le retour d'astronautes américains vers la Lune d'ici 2020.

Voir aussi

Sources