Daech acculé sur tous les fronts

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20 février 2017. – En Syrie et en Irak, où l’État islamique (Daech) contrôle depuis 2014 de vastes territoires, les offensives se multiplient contre l'organisation djihadiste qui ne cesse de reculer. L'armée irakienne a repris dimanche ses opérations militaires pour reprendre le reste de Mossoul tandis qu'en Syrie, rebelles, armée syrienne et kurdes sont pour une fois tous à l'offensive.

Multiples offensives en Syrie
Les FDS à bord de leur nouveaux véhicules blindés.

Les Forces démocratiques syriennes (FDS), qui dominent le nord de la Syrie en rassemblant des milices majoritairement kurdes, ont lancé en novembre 2016 les opérations militaires visant à reprendre Raqqa, capitale de Daech. Après avoir avancé au nord et surtout à l'ouest de la ville, les FDS ont entamé le 31 janvier la troisième phase de l'offensive, à l'est. Avançant rapidement, les milices sont désormais à environ onze kilomètres de Raqqa depuis ce nouveau front. Le 17 février, les FDS lancent même un quatrième axe encore plus à l'est, avançant dans au nord de Deir ez-Zor. La coalition militaire, qui a reçu pour la première fois des États-Unis des véhicules blindés, compte désormais encercler la ville puis la reprendre. Toutefois, l'incertitude demeure sur la questions des milices autorisées à entrer dans la ville. Cette dernière est en effet exclusivement arabe et les Kurdes pourraient être vus comme des occupants. C'est pourquoi les FDS intègrent et forment des milices arabes, mais qui ne seront peut-être pas suffisantes pour reprendre la ville qui sera farouchement défendue par au moins 5 000 djihadistes.

Carte du nord-ouest de la Syrie, en janvier 2017.

Dans le même temps, l'armée turque et les rebelles qu'elle soutient tentent toujours d'avancer dans al-Bab depuis près de quatre mois, sans grand succès. Toutefois, les rebelles ont réussi à faire une percée dans la ville le 19 février, s'emparant notamment de l’hôpital et d'une école en se rapprochant du centre-ville. Les tireurs embusqués causent d'importants problèmes à la coalition pro-turque, de même que la forte présence de civils, qui ont été interdits de quitter la ville par Daech et sont lourdement touchés par les bombardements aériens.

L'armée syrienne est aussi repassée à l'offensive, s'emparant de dizaines de localités à l'est d'Alep et au sud d'al-Bab, se rapprochant de Dayr Hafir, qui est située sur la route menant à Raqqa. De plus, l'armée syrienne se rapproche également de nouveau de Palmyre dont elle avait été expulsée pour la seconde fois par une vaste offensive de Daech en décembre 2016. L'armée et ses alliés ont réussi à s'emparer de points stratégiques à vingt kilomètres à l'ouest de la ville, mais restent vulnérables aux embuscades de Daech dans le désert, qui ont coûté la vie à quatre soldats russes le 16 février. Passé à la défensive sur au moins quatre fronts, Daech a dû se détourner de son offensive sur Deir ez-Zor, permettant de souffler à l'armée syrienne assiégée depuis deux ans dans cette ville.

Reprise des opérations dans le nord de l'Irak
Soldats de la division Or au nord de Mossoul, en novembre 2016.

Après avoir repris définitivement l'est de Mossoul le 24 janvier, l'armée irakienne est repassée à l'offensive le 19 février après une allocution du Premier ministre Haider al-Abadi. Les unités d'élite des « Force de réaction rapide », la police fédérale et les unités de mobilisation populaire (milice chiites), ont repris l'offensive depuis le sud de la ville, s'emparant rapidement de plusieurs localités, d'une centrale électrique et d'une base militaire, se rapprochant de l’aéroport international et des quartiers sud-ouest de la ville. Ils devraient bientôt être épaulés par la « division Or » de l'armée irakienne, une unité d'élite anti-terroriste réputée pour sa combattivité. Elle devrait participer à la reprise de la ville même, après son succès dans les quartiers est. La bataille devrait cela dit être encore longue, notamment en ce qui concerne le centre-ville et ses ruelles étroites avec les nombreux civils restant dans la ville. L'armée irakienne risque de subir de lourdes pertes et de s'épuiser dans une guérilla urbaines favorables aux escarmouches et attentats-suicides. Quelque 100 000 combattants pro-gouvernementaux affrontent près de 10 000 djihadistes dans le nord du pays.

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