Attentat de Karachi : Édouard Balladur auditionné ce matin par la commission d'enquête parlementaire

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Édouard Balladur, en 1987.

28 avril 2010. – L'ancien Premier ministre français Édouard Balladur a été entendu ce matin par la commission d'enquête parlementaire sur l'attentat du 8 mai 2002 à Karachi, au Pakistan. Cette audition fait suite às révélations du quotidien Libération qui, dans son édition de lundi, a affirmé que M. Balladur avait financé une partie (à hauteur de 10 millions de francs) de sa campagne présidentielle en 1995 par le biais d'un versement de rétrocommissions en marge d'un contrat de vente de sous-marins au Pakistan, en 1994. Ces rétrocommissions font l'objet d'une instruction judiciaire : il s'agit de l'« affaire DCN ».

Pour mémoire : cette affaire a démarré en 2002 avec le déclenchement d'une enquête sur certaines activités financières suspectes de la DCN (Direction des constructions navales). Les juges d'instruction en charge du dossier ont alors découvert l'existence de rétrocommissions en marge du contrat de 1994 sur les sous-marins. L'enquête avait été relancée en 2008 à la suite de la découverte de divers éléments accréditant l'hypothèse selon laquelle l'attentat de Karachi de 2002 aurait été orchestré par les autorités pakistanaises en représailles de la suspension des versements de commissions contractuelle légales (décidée en 1996 par Jacques Chirac). Édouard Balladur a démenti hier, dans le quotidien Le Figaro, toutes ces conjectures.

Par ailleurs, cet après-midi, le député socialiste Bernard Cazeneuve, rapporteur de la commission d'enquête parlementaire, a déclaré n'avoir « jamais été confronté à autant de difficultés pour accomplir une mission d'information parlementaire », mettant en cause les « freins » de « l'exécutif ».

Le président Nicolas Sarkozy était en 1994 et 1995 ministre du Budget, duquel dépend la DCN, et directeur de la campagne présidentielle de M. Balladur. À ce titre, il est cité dans l'enquête en cours, et l'avocat des parties civiles, en l'occurrence les familles des victimes de l'attentat, Me Olivier Morice, l'a de nouveau accusé, lundi dernier, d'être « au cœur d'un système de corruption qui a été validé lorsqu'il était ministre du Budget quand Édouard Balladur était Premier ministre », ajoutant qu'il s'agit d'un « scandale d'État considérable ».

Pour l'heure, l'instruction menée par les juges Marc Trévidic et Yves Jannier se poursuit.

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