Attentats de Karachi : Nicolas Sarkozy et Édouard Balladur accusés de corruption par les familles des victimes

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Page actualisée Page actualisée : 28 avril 2010 — « Attentat de Karachi : Édouard Balladur auditionné ce matin par la commission d'enquête parlementaire »

Nicolas Sarkozy, en 2009.
Édouard Balladur, en 1987.

17 décembre 2009. – Six familles de victimes des attentats de Karachi, ayant fait 14 morts, dont 11 Français, à la Direction des constructions navales (DCN), le 8 mai 2002, ont déposé une plainte, mercredi 16 décembre, pour « corruption active et passive » et « recel aggravé », contre l'Association pour la réforme, un club politique créé par Édouard Balladur. Selon les plaignants, l'association aurait financé la campagne présidentielle de l'ancien Premier ministre, en 1995, via des rétrocommissions illégales obtenues en marge d'un contrat de 1994 (à l'époque où M. Balladur était Premier ministre), entre la France et le Pakistan portant sur la fabrication de trois sous-marins Agosta. À son arrivée au pouvoir en 1995, Jacques Chirac a annulé le versement de ces rétrocommissions, ce qui aurait provoqué en représailles ces attentats de 2002, pourtant attribués par les autorités pakistanaises à la mouvance islamiste. Cette hypothèse fait actuellement l'objet d'une instruction. Le 18 juin dernier, le juge Marc Trévidic, en charge du dossier, avait par ailleurs estimé la piste « cruellement logique ». M. Balladur n'a pas souhaité réagir publiquement à ces accusations.

Aujourd'hui, l'avocat des familles de victimes, maître Olivier Morice, a précisé que le président de la République Nicolas Sarkozy, ministre du Budget (et chapeautant à ce titre la DCN) et directeur de la campagne présidentielle de M. Balladur à l'époque, était « au cœur de la corruption » dans cette affaire, mais qu'aucune plainte ne pouvait être déposée, compte-tenu de l'immunité présidentielle dont il jouit actuellement. L'Élysée a démenti ces assertions, ajoutant que les propos de maître Morice « relèvent de la diffamation ».

Pour mémoire, l'« affaire de Karachi », ou « affaire DCN » a démarré en 2008 avec le déclenchement d'une enquête sur certaines activités financières suspectes de la DCN. Les juges d'instruction en charge du dossier ont alors découvert l'existence de rétrocommissions en marge du contrat de 1994 sur les sous-marins. Après les révélations de Charles Millon, qui a indiqué en juin dernier qu'il avait, en qualité de ministre de la Défense, interrompu ces versements sur ordre exprès du président Chirac, l'hypothèse d'un financement illégal de la campagne de M. Balladur — rival de Jacques Chirac — prend corps. Dominique de Villepin, à l'époque secrétaire général de l'Élysée, confirme. Rapidement, plusieurs révélations de la presse vont en ce sens. Au cours d'une conférence de presse, M. Sarkozy dément, estimant ces supputations « ridicules ».

Sources