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Vers un Big Brother en France ?

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23 avril 2007. – Dans une dépêche en date du 21 avril 2007, l'agence Novopress [1] révèle la mise en place d'un futur décret tendant à une « surveillance permanente de chaque citoyen qu’aucun pouvoir totalitaire n’avait jusque là imaginé. »

Selon cette agence, ce texte, en application de la LEN, tendrait à une « traçabilité permanente de chaque citoyen », par la conservation de toutes traces invisibles laissées par « les utilisateurs lors d’un abonnement téléphonique ou à Internet, lors de leurs déplacements avec un téléphone allumé, lors de chaque appel ou de chaque connexion à Internet, de chaque diffusion ou consultation sur le Web d’un article, d’une photo, d’une vidéo, ou lors de chaque contribution à un blog. » Ceci concernerait aussi, toujours selon les auteurs de l'article, « les mots de passe, “pseudos”, codes d’accès confidentiels et autres identifiants, numéros de carte bancaire, détails de paiement, numéros de téléphone, adresses e-mail, adresses postales, le numéro de l’ordinateur ou du téléphone utilisé, le moyen d’accès à un réseau, les date et heure d’appel, de connexion et de chacune de leurs consultations ou contributions sur un site Internet. »

Et Novopress de se poser la question suivante : s'agirait-il d'imposer le politiquement correct ? La dépêche estime en outre que, «  par une surveillance permanente, on cherche à modifier ou à imposer les comportements de chacun pour les conformer à l’idéologie. »

Une information déjà révélée par le journal « Le Monde »

La veille, le quotidien du soir, Le Monde, avait révélé l'existence d'un tel projet. Il semblerait que l'information de Novopress soit fondée. Par la plume de Philippe Jannet, président du GESTE [2], « Le décret en préparation exprime le fantasme Big Brother : tout savoir sur tout et tous, même l'impossible. »

Selon les vues de M. Jannet, cette mesure inquiétante serait particulièrement onéreuse pour les fournisseurs d'accès à Internet et serait, dans certains cas, techniquement impossible à réaliser. Les coût de stockage seraient prohibitifs, surtout qu'il s'agit non pas de Méga ou de Gigaoctets mais de Tera ou de Petaoctets.

Selon le quotidien du soir, « le texte impose de facto de mémoriser systématiquement tout ce qui est mis en ligne, modifié et supprimé sur “l'Internet français”. » et aussi sur la téléphonie mobile qui serait également dans le collimateur du pouvoir.

L'auteur fustige, par la suite, les conséquences d'un tel projet. Il dénonce notamment : « Il reste que la confusion des genres est totale. Toutes les données conservées seraient accessibles à la police administrative (RG, DST, etc.) comme à la police judiciaire, pendant un an. ». Il constituerait, en outre, « une véritable menace de mort (…) pour tous les acteurs concernés de près ou de loin par celui-ci, de la presse aux blogueurs, en passant par la grande distribution, les opérateurs de téléphonie, les fournisseurs de logiciels, les fabricants d'ordinateurs, etc. ». Allant crescendo dans sa critique, il dénonce « la confusion entre le renseignement d'État et la justice, qui relègue la séparation des pouvoirs au rang de fiction juridique. »

Il conclut enfin que l'État prend donc « le risque de tuer une part non négligeable de l'avenir du pays, sans aucun état d'âme et dans le silence assourdissant d'une campagne présidentielle omniprésente sur Internet, mais muette sur le développement de l'Internet. »

Notes

Sources