Premier tour de l'élection présidentielle au Timor oriental

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Localisation du Timor oriental

10 avril 2007. – Plus d'un demi-million d'électeurs de la République démocratique du Timor oriental étaient appelés aux urnes, lundi 9 avril 2007, pour le premier tour de l'élection présidentielle, qui doit désigner le successeur du président Xanana Gusmão, qui a choisi de ne pas se représenter.

Parmi les principaux candidats, l'actuel Premier ministre, José Ramos Horta, Prix Nobel de la paix en 1996, fait parfois figure de favori, notamment en raison du soutien explicite apporté à sa candidature par le président sortant. M. Horta, depuis 1988, a fait le choix de rester indépendant de toute formation politique, après avoir appartenu pendant de nombreuses années au Front révolutionnaire pour l'indépendance du Timor oriental (FRETILIN), dont il est l'un des fondateurs.

M. Horta doit toutefois affronter la concurrence de :

  • Francisco Gutteres dit « Lu-Olo », président du FRETILIN,
  • Francisco Xavier do Amaral,
  • Fernando de Araujo dit « Lasama », président du Parti démocrate,
  • Avelino Coelho da Silva, du Parti socialiste de Timor,
  • Lucia Lobato, du Parti social-démocrate,
  • Joao Carrascalao, de l'Union démocratique timoraise,
  • Manuel Tilman, de l'Association des héros timorais.

Parmi ces huit candidats, seuls MM. Horta, Guterres et Araujo sont considérés comme ayant des chances de succéder, le 20 mai prochain, au président Gusmão.

On manque de repères pour prévoir les résultats. Lors de l'élection présidentielle du 14 avril 2002, le scrutin avait vu symboliquement s'opposer deux candidats du FRETILIN, Xanana Gusmão, élu par 82,69 % des suffrages exprimés, et Francisco Xavier do Amaral [1], qui avait estimé que la présence d'un autre candidat serait un gage de la volonté démocratique des Est-Timorais, alors que le paysn'était redevenu indépendant que depuis 1999.

La comparaison avec le résultat des élections législatives du 30 août 2001 [2] serait susceptible de donner une indication sur l'évolution de l'électorat au cours des cinq années qui précèdent :

  • le FRETILIN avait recueilli 57,4 % des suffrages et 55 des 88 sièges,
  • le Parti démocrate avait recueilli 8,7 % des voix et 7 sièges,
  • le Parti social-démocrate avait recueilli 8,2 % des voix et 6 sièges,
  • l'Union démocratique timoraise avait recueilli 2,4 % des voix et 2 sièges,
  • le Parti socialiste de Timor avait recueilli 1,8 % des voix et 1 siège,
  • l'Association des héros timorais avait recueilli 2,1 % des voix et 2 sièges,
  • 6 autres formations et un indépendant avaient recueilli ensemble 19,4 % des voix et 15 sièges.

Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a fait part de sa satisfaction devant l’« engagement en faveur de la démocratie et de la paix » dont auraient fait preuve les Est-Timorais en participant massivement au scrutin, et a félicité les autorités est-timoraises pour l'organisation technique des opérations de vote, tout en reconnaissant l'appui fourni par la Mission intégrée des Nations unies au Timor-Leste (MINUT). M. Ban a émis le souhait que le calme constaté se poursuive, notamment lors des opérations de dépouillement et à la proclamation des résultats, et que la paix prévale jusqu'aux élections législatives, prévues au mois de juin.

Les résultats officiels ne sont pas attendus avant le 16 avril, mais un porte-parole de la Commission électorale nationale a toutefois indiqué que des résultats partiels étaient susceptibles d'être publiés dès le 10 avril.

Les observateurs s'attendent toutefois à ce qu'aucun des candidats ne franchisse la barre des 51 % des suffrages exprimés, nécessaire pour être déclaré vainqueur au premier tour, ce qui nécessiterait l'organisation d'un second tour dans le courant du mois de mai. Seuls seraient autorisés à participer à ce second tour les deux candidats arrivés en tête le 9 avril.

Le président Xanana Gusmão, s'il a choisi de ne pas concourir de nouveau pour la magistrature suprême, a fait savoir qu'il ne se retirait pas pour autant de la vie politique, puisqu'il entend se présenter aux élections législatives, avec l'ambition de devenir le nouveau Premier ministre. Dans l'hypothèse d'une élection de M. Horta à la présidence de la République puis d'une victoire des partisans de M. Gusmão aux législatives, on pourrait éventuellement assister à une sorte de « chassé-croisé » entre les deux têtes de l'exécutif.

Notes

Sources

Sources anglophones
Sources francophones