Palestine : signature à La Mecque d'un accord d'union nationale entre le Hamas et le Fatah

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9 février 2007. – Après moins de 48 heures de tractations entre les deux factions rivales palestiniennes, leurs représentants, réunis à La Mecque sous l'égide du roi Abdallah d'Arabie saoudite, ont signé, jeudi 8 février 2007, un accord portant sur la formation d'un gouvernement d'union nationale, sur l'élaboration d'une plate-forme gouvernementale et la répartition des portefeuilles ministériels.

L'accord a été paraphé par Mahmoud Abbas, président de l'Autorité palestinienne, issu des rangs du Fatah, et Khaled Mechaal, leader du Hamas, vivant en exil à Damas (Syrie), en présence du souverain saoudien et du Premier ministre palestinien sortant.

Selon les informations ayant filtré auprès de la presse, le nouveau gouvernement, qui continuera à être dirigé par Ismaël Haniyeh, issu des rangs du Hamas, devrait comprendre des personnalités du Hamas, du Fatah et des personnalités indépendantes.

Le Premier ministre sera secondé par un vice-Premier ministre issu des rangs du Fatah. Neuf portefeuilles seront attribués à des membres du Hamas, six à des membres du Fatah, quatre à des représentants des autres partis représentés au sein du Parlement palestinien, un à une personnalité charnière à la fois proche du Hamas et du Fatah et le dernier à une personnalité sans affiliation partisane.

Parmi les portefeuilles attribués au Hamas figurent ceux de l'Économie, de la Justice et du Travail. Le portefeuille des Finances serait attribué à Salam Fayadh, personnalité indépendante, tandis que celui des Affaires étrangères reviendrait à Ziad Abou Amr, autre personnalité indépendante présentant la particularité d'être en bons termes avec les deux factions rivales. Un troisième indépendant devrait être nommé au poste clé de l'Intérieur. Le choix de ce dernier reviendra au Hamas, mais devra obtenir l'agrément du président Abbas.

Cet accord intervient après plusieurs semaines de guerre civile larvée entre les deux grands blocs politiques palestiniens, alors que les affrontements ont causé la mort de plusieurs dizaines de personnes depuis le mois de janvier.

S'exprimant peu après la conclusion de l'accord, le président Abbas a vu dans celui-ci l'ouverture d'une « nouvelle ère » susceptible de mettre fin aux souffrances du peuple palestinien, tandis que le chef en exil du Hamas faisait part de sa détermination à respecter cet accord et que le Premier ministre reconduit se réjouissait d'avoir la tâche de conduire la nouvelle équipe.

Les États-Unis ont conservé une certaine réserve face à l'annonce de cet accord, se contentant de rappeler la triple exigence établie par le « Quartette pour le Proche-Orient » [1] de renonciation à la violence, d'acceptation des accords passés par les précédents responsables palestiniens et, par-dessus tout, de reconnaissance du droit à l'existence de l'État d'Israël.

Le texte de l'accord interpalestinien ne souffle toutefois mot d'une éventuelle reconnaissance par le Hamas du droit à l'existence de l'État d'Israël, qui est pourtant exigence constante de la diplomatie américaine, partenaire incontournable de tout accord de paix au Proche-Orient.

L'accord de La Mecque intervient dix jours avant l'arrivée à Jérusalem de la secrétaire d'État américaine Condoleezza Rice, qui a prévu de superviser une rencontre entre le Premier ministre israélien, Ehud Olmert, et Mahmoud Abbas, président de l'Autorité palestinienne.

Notes

Sources

Sources anglophones
Sources francophones