Libye : début des opérations militaires internationales

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Page actualisée Page actualisée : 20 mars 2011 — « Intervention militaire en Libye : le Charles-de-Gaulle quitte Toulon »

Carte de la situation au 19 mars. Actuellement, l'essentiel des combats ont lieu dans l'est du pays.

Au surlendemain du vote d'une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies instituant une zone d'exclusion aérienne au-dessus de la Libye et autorisant l'emploi de la force pour protéger les civils, des avions de combat viennent d'être déployés pour stopper l'avancée des troupes de Mouammar Kadhafi.

19 mars 2011, 17 h 30 UTC. – Les représentants de vingt-deux pays étaient réunis ce samedi au palais de l'Élysée, à Paris, pour décider d'une attitude commune face à la situation en Libye. Après le vote avant-hier de la résolution 1973 par le Conseil de sécurité, ils se sont engagés dans le communiqué final à prendre « toutes les actions nécessaires, y compris militaires » pour la faire respecter. Même si les contributions des différentes nations « seront différenciées » , elles se sont déclarées « [déterminées] à agir collectivement et résolument pour donner plein effet à ces décisions ». La résolution institue une zone d'exclusion aérienne au-dessus du pays et autorise le recours à la force pour protéger les civils, tout en interdisant une intervention terrestre. Les participants à cette coalition sont majoritairement occidentaux : la France et le Royaume-Uni, qui semblent en avoir pris la tête, la Belgique, le Danemark, l'Espagne, la Grèce, le Canada et les États-Unis. Le Qatar est le seul pays du monde arabe à avoir annoncé sa participation aux opérations militaires, mais il pourrait être rejoint par les Émirats arabes unis. L'Italie a mis à disposition plusieurs bases aériennes mais n'exclut pas de s'engager davantage dans un second temps.

Dans la matinée, des avions de combat français Rafale et britanniques Tornado ont effectué des vols de reconnaissance au-dessus de la Libye. À 16 h 45 UTC, l'aviation française a tiré sur un véhicule militaire libyen « clairement identifié comme appartenant aux forces pro-Kadhafi » dans la région de Benghazi, d'après le colonel Thierry Burckhard, porte-parole de l'état-major des armées. Plus tard dans l'après-midi, trois autres blindés ont été détruits au sud-ouest de Benghazi. Ces attaques sont probablement les premières d'une longue série pour empêcher Mouammar Kadhafi de continuer son offensive contre les rebelles, retranchés dans la ville de Benghazi. Pour cela, il y aura probablement des frappes contre les bases aériennes et les défenses antiaériennes libyennes, et contre les troupes au sol. Un blocus maritime du pays vient d'être mis en place et le déploiement des forces aériennes et navales des différents pays participant à la coalition se poursuit. Le Canada a annoncé des actions aériennes prochaines et la France, qui a déjà dépêché la frégate antiaérienne Forbin, enverra demain le porte-avions Charles-de-Gaulle.

La situation est cependant critique pour les insurgés, puisque les troupes de Mouammar Kadhafi, mieux armées et organisées, ont intensément bombardé Benghazi aujourd'hui et auraient commencé à l'investir. Cette ville de plus de six cent mille habitants est devenue le cœur de la révolte qui agite le pays depuis février ; c'est là que s'est établi le Conseil national de transition et les combats qui s'y déroulent actuellement seraient très violents. La proximité des troupes loyalistes et rebelles à l'intérieur même de la ville pourrait compliquer les frappes internationales et augmenter les risques de morts civiles.

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Sources