Les Suisses votent l'interdiction des minarets

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Résultats par cantons et demi-cantons.

30 novembre 2009. – Le corps électoral suisse a accepté hier l'initiative populaire prônant l'interdiction des minarets sur le territoire de la Confédération. Cette votation a été entamée par un groupe de citoyens soutenus ensuite par l'UDC[1], parti politique situé à droite de l'échiquier politique suisse. La proposition a recueilli 57,5 % des voix en sa faveur et l'approbation de 22 des 26 cantons. Seuls les cantons romands de Genève (à une forte majorité), Neuchâtel et Vaud et le demi-canton de Bâle-Ville ont rejeté le texte. Son adoption constitue, pour la plupart des observateurs, une importante surprise, d'autant plus que les sondages prévoyaient son rejet à 53 %.

Ce projet avait avait suscité l'hostilité de la totalité de la classe politique, à l'exception du parti initiateur. Son adoption a provoqué une vague de protestation en Europe de la part des politiques et des organisations humanitaires et religieuses. L'UDC a argué l'islamisation de la société suisse pour lancer une votation sur ce sujet. Le pays compte environ 340 000 musulmans, dont 50 000 pratiquants, pour une population de 7,4 millions d'habitants.

Plusieurs organisations comme le GMS[2] accusent l'initiative de mettre « en péril les fondements mêmes de notre Constitution, basée sur la liberté et l'égalité ». L'association qualifie cette initiative d'attaque « qui porte atteinte aux acquis d'une Suisse libérale et démocratique ».

Le parti des Verts a annoncé qu'il saisirait la Cour européenne des Droits de l'Homme pour « pour violation de la liberté religieuse garantie par la Convention européenne des droits de l'homme ».

En revanche, l'UDC se félicite de cette victoire constatant un pouvoir fédéral éloigné des aspirations et des préoccupation de la population. Elle a mis en garde ceux qui tenteraient d'annuler la votation sur le plan du droit international que celui-ci ne doit pas primer sur la démocratie directe. Cette satisfaction est relayée par les partis populistes étrangers, souvent rattachés « d'extrême droite » par leur adversaires politiques.

Ainsi, en France, Bruno Gollnisch relève que « ce pays résiste à la pensée unique et à la propagande unanime du système ». « Ceux qui crient à la haine et à la xénophobie devraient cependant considérer le fait que la pratique de l'Islam et son culte demeurent parfaitement autorisés en Suisse, alors que le culte chrétien est totalement prohibé en Arabie saoudite, et que les conversions de musulmans au christianisme demeurent interdites, et parfois punies de mort, dans de nombreux États musulmans », ironise-t-il. « Dire cela, ce n'est pas agresser les musulmans, c'est affirmer que la tolérance a besoin de réciprocité », conclut-il.

Notes

Sources



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