La France perd son avant-dernier poilu

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21 janvier 2008. – Louis de Cazenave, ancien combattant de la guerre 1914-1918, est décédé hier matin à l'âge de 110 ans en son domicile à Brioude. Ces soldats, appelés poilus, payèrent un lourd tribu lors de la Première Guerre mondiale, appelé la « Der des Der ». Selon son fils, « il est mort chez lui, dans son sommeil, sans souffrir [...] Il ne parlait plus depuis hier (samedi). Il a eu une mort paisible, il n'a pas souffert du tout. Je me suis levé à 5h, il respirait encore et à 7h quand je me suis relevé il était mort. Il est mort très paisiblement ».

Bataille de la Somme

Louis de Cazenave est né le 16 octobre 1897 à Saint-Georges d'Aurac (Haute-Loire). C'est à 18 ans, qu'il reçu son ordre de mobilisation, pour rejoindre le front en 1916. Il servit dans différents régiments d'infanterie coloniale, plus précisément le 5ème bataillon sénégalais de décembre 1916 à septembre 1917. Il rejoignit, à partir de janvier 1918, des unités d'artillerie. Il participa notamment à la bataille de la Somme, à l'offensive du Chemin des Dames et à la libération du territoire national. Il fut démobilisé en 1919.

Le président de la République française, Nicolas Sarkozy a exprimé son émotion à la famille du défunt puis a déclaré : « Sa disparition est l'occasion pour chacun d'entre nous d'avoir une pensée particulière pour les 1,4 million de combattants français qui ont fait le sacrifice de leur vie durant ce conflit, pour les 4,5 millions de blessés, pour les 8,5 millions de mobilisés ». De son côté, Alain Marleix, le secrétaire d'État aux Anciens combattants, a salué « la mémoire de Louis de Cazenave qui a été de ceux, parmi les plus braves, qui ont tenu, dans les tranchées et les casemates de la Grande Guerre, la France “à mains nues” jusqu'à l'Armistice du 11 novembre ».

Le dernier poilu français est donc Lazare Ponticelli, âgé lui aussi de 110 ans. Louis de Cazenave, ainsi que Lazare Ponticelli auraient fait savoir, en leur temps, qu'ils ne désireraient pas d'obsèques nationales à l'occasion de leur disparition. La fille de ce dernier avait ajouté que de telles cérémonies ne pourraient avoir lieu que si elles se déroulaient en mémoire de tous les poilus.

Sources