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France : incident à la centrale nucléaire de Flamanville

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Flamanville-Diélette (Manche, Fr), vue sur la centrale nucléaire (image d'illustration).

Publié le 10 février 2017
Ce jeudi matin, à 9 heures 45, un incident s'est produit à la centrale nucléaire de Flamanville, dans la Manche (France). L'incident a eu lieu dans la salle des machines, selon Ouest-France.

Pas d'explosion et aucun risque d'incident nucléaire

Une explosion a dans un premier temps été évoquée, puis démentie par EDF selon France Bleu Normandie. La préfecture a donc écarté tout risque d'incident nucléaire. Le PPI n'a d'ailleurs pas été déclenché.

EDF précise cependant qu'« [un] départ de feu entraînant une détonation s'est produit dans la salle des machines de la salle » et qu'il « [...] a été immédiatement maîtrisé par les équipes de la centrale » « en zone non nucléaire », ajoutant qu'il n'y a « aucune victime » et « [...] pas de conséquence pour la sûreté [des installations] et l'environnement ».

L'incident s'est terminé avant midi.

5 blessés légers

Néanmoins, selon LCI, un premier bilan fait état de 5 blessés légers, qui auraient été légèrement intoxiqués, selon la préfecture.

Un problème dû à un ventilateur

Le dégagement de fumée avait été signalé au cœur de la centrale mais hors zone nucléaire, entraînant l'arrêt de la production du réacteur 1 par mesure de précaution (les deux réacteurs datent des années 1980).

Selon ce qu'a confié à France Info Jacques Witkowski, préfet de la Manche, « [on] a eu un début d'incendie sur un réseau de gaines électriques, dans ce qu'on appelle la salle des machines. Il s'agit de l'endroit où la production d'électricité se fait et qui n'est pas du tout en contact avec la partie nucléaire du réacteur ». Il ajoute qu'« [un] ventilateur a connu un dysfonctionnement matériel, qui a engendré une détonation et un début d'incendie, et surtout un dégagement de fumée qui a incommodé cinq salariés, qui sont désormais totalement indemnes ». « [Le] ventilateur a explosé. C'est un problème mécanique. Il s'est mis à surchauffer et cela a provoqué un dégagement de fumée et un incendie. » ; c'est « a priori un court-circuit au niveau des gaines du ventilateur » qui est à l'origine de l'incident, précise encore la préfecture. « Ce n’est pas un incendie avec dégagement de flammes, mais qui a dégagé beaucoup de fumée parce que quand une gaine électrique brûle, ça dégage beaucoup de fumée », insiste Jacques Witkowski. Il ne s'agit donc pas d'un acte de malveillance.

L'incendie rapidement maîtrisé

L'incendie a finalement rapidement été « circonscrit » : « [le] dégagement de fumée est maîtrisé, les opérations sont sous contrôle. », selon les propos du directeur de la centrale, Stéphane Brasseur, rapportés à 20 minutes par Jacques Lepetit, maire de Les Pieux, commune riveraine de Flamanville, et vice-président de la Commission locale d'information de Flamanville, informant sur les événements concernant la centrale.

L'incident relance la polémique sur le nucléaire

Cet incident ne manque pas de relancer la polémique concernant l'utilisation de l'énergie nucléaire comme principale source de production de l'électricité en France (même si le gouvernement envisage de la réduire à l'horizon 2025), ainsi que le débat sur la sécurité des installations nucléaires françaises.

Ainsi, selon Greenpeace, « avec les deux récents incendies qui ont eu lieu à la centrale de Cattenom, en Moselle, il s’agit du troisième incendie sur une installation nucléaire en dix jours » et « [l]'ASN a elle-même déclaré que l'état de la sûreté nucléaire est préoccupant ». « Tout cela s'inscrit dans un contexte de dégradation grave des réacteurs français, dont plus de la moitié sont touchés par une centaine d’anomalies graves », fustige encore l'association.

Yannick Jadot, candidat EELV à la présidentielle, a, lui, affirmé à BFMTV que « chaque nouvel incident est une démonstration supplémentaire qu'il faut sortir de nucléaire » et développer les énergies renouvelables. Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon ont eux aussi réagi en ce sens.

« Tout incident de cette nature dans une centrale nucléaire est très sérieux », bien que, dans le cas présent, cela ne « devrait pas se traduire par une fuite radioactive », estime pour sa part Neil Hyatt, professeur de gestion des déchets nucléaires à l'université britannique de Sheffield.

Barry Marsden, professeur de technologie nucléaire à l'université de Manchester (Royaume-Uni), est quant à lui plus mesuré. Les « explosions et les feux ne sont pas exceptionnels sur les installations industrielles », affirme-t-il.

Deux autres incidents s'étaient déjà produits, le 24 octobre 2012 (fuite radioactive qui n'a pas occasionné de menace nucléaire) et en août 2015 (dégagement de fumée, ayant entraîné le déclenchement d'un plan d'urgence, mais finalement sans gravité).

La centrale de Flamanville se trouve à proximité du futur EPR, lui aussi objet de controverses.

Emballement médiatique

L'emballement de certains médias a cependant été pointé du doigt. Ils sont accusés d'avoir exagéré sur la gravité de l'incident, ce qui aurait pu potentiellement inquiéter démesurément la population.



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