Des centaines de milliers d'Australiens ont protesté contre la nouvelle législation du travail

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Environs 150 000 manifestants à Melbourne remplissent et bloquent les rues dans toutes les directions autour de Federation Square.

16 novembre 2005. – En provenance de près de 300 localités à travers l'Australie, la population s'est réunie pour protester contre les changements des lois régissant le travail (WorkChoices) proposés par le gouvernement fédéral. Selon la police, à peu près 150 000 personnes se sont rassemblées à Melbourne, depuis laquelle des discours ont été diffusés à travers le pays. À Sydney, 30 000 personnes se sont retrouvées dans Belmore Park et Martin Place pour regarder la diffusion avant de marcher sur Chifley Square.

Sharan Burrow, présidente du Conseil australien des syndicats (ACTU), déclare qu'avec ces changements les conditions de travail vont s'aggraver et cela concerne les congés annuels, les amendes, les jours fériés et le contrôle des heures de travail annuel (en anglais ; « control over rostered hours »). Le gouvernement a déclaré, en dépit des déclarations contraires de divers experts et l'opposition des plus grandes organisations religieuses et caritatives et même quelques critiques de son bord politique que le changement de législation améliorera l'économie et finalement sera bénéfique aux employés et rejette les protestations comme étant de peu d'effet (« little effect »).

Discours

Mme Burrow a déclaré que le but du mouvement syndical consistait à « maintenir la cohésion des valeurs qui nous unissent », et a critiqué la proposition de loi, la décrivant comme « une attaque sur la famille, sur la communauté, et sur une vie normale ».

Ces modifications de la loi ont été aussi critiquées par une certain nombre de chefs religieux. George Pell, l'archevêque catholique de Sydney a déclaré : « Je ne soutiens pas cet affaiblissement radical des syndicats », tandis que l'évêque anglican Phillip Higgins les a déclarées « dérangeantes et sans sagesse ».

Mme Burrow a aussi critiqué la campagne de relation publique organisée par le gouvernement, la considérant comme un gaspillage d'argent. « Ils ont dépensé 55 millions de dollar de notre argent à essayer de nous convaincre que tout était okay », selon elle., secrétaire de ACTU, a fait le lien avec les guerres dans lesquelles l'Australie a combattu. « Ils se sont battus et sont mort à la guerre pour ce pays, ils ne méritent pas que leurs droits leurs soient arrachés ». Il a précisé, que pour beaucoup, et spécialement pour les plus vulnérables, le changement d'employeur arrivera rapidement. Il a aussi critiqué le fait que certains employés seront forcés par la compétition de devoir réduire leurs prétentions salariales et leurs conditions de travail. « Même le meilleur des employeurs sera obligé de réduire sa masse salariale pour rester compétitif. Comme les États-Unis, nous aurons notre armée de travailleurs pauvres ».

« Nous tenons responsable le gouvernement du coût humain de cette loi », a déclaré Mr Combet.

L'ancien premier ministre Travailliste, Bob Hawke considère que le mécontentement avait pour origine « l'essence même de l'Australien — le progrès respectueux (« the fair go ») ». Le chef de l'opposition Travailliste Kim Beazley a quant à lui déclaré que s'il retourne aux gouvernement aux prochaines élections, les Travaillistes annuleraient cette loi. « Cette loi sera abrogée dès qu'un gouvernement Travailliste sera élu », a-t-il déclaré.

Réponse du gouvernement

Le premier ministre John Howard a prédit que les manifestations n'auront aucun effet. « De mon point de vue, une fois qu'elle auront été appliquées [les lois] durant un certain temps, la plupart des australiens reviendront sur leur critiques et leurs objections… avec émerveillement (« bewilderment ») ».

« Le ciel ne nous tombera pas sur la tête, les barbecues du week-end ne seront pas annulés, et les parents pourrons fêter Noël avec les enfants ».

Le ministre de l'emploi et des relations patronales (« Employment and Workplace Relations »), Kevin Andrews, reprend les idées du Premier ministre. « Bon, le gouvernement ne va pas se laisser distraire par des râleurs et des hyper-actifs hystériques ». Mr Andrews a défendu les actions passées du gouvernement en précisant qu'il a été à l'origine de l'augmentation des salaires pendant les 10 dernières années.

« Bon, ce que je dirais aux Australiens, qu'ils soient dans la rue aujourd'hui, ou plus probablement comme 95 % des Australiens, à leur travail faisant leur job, est, premièrement, regardez notre action durant les 10 ans passés. Les chiffres parlent d'eux-même. Nous avons vu le salaire net augmenter de 15 % et le nombre de postes de 1,7 millions en Australie ». M. Andrews a aussi expliqué que ces changements étaient nécessaires pour créer les conditions préalables à économie forte.

« Ce que nous avons fait amènera les conditions d'une économie forte qui finalement est la seule garante d'emploi et de salaire en Australie ».

Débat autour de la proposition de loi

Les affirmations du gouvernement sont chaudement débattues et n'ont pas le soutien de quelques experts indépendants. Le professeur Mark Wooden de la faculté de Melbourne a déclaré que « c'est un non-sens économique ». Un rapport rédigé par 17 experts spécialistes indépendants indique « qu'il n'y a aucune preuve convaincante que la proposition créera des emplois » et que « l'affirmation que les contrats individuels [ndlr : conventions collectives] améliore la productivité est une question ouverte ».

Le FMI, dans son rapport annuel 2005 sur l'économie australienne, a indiqué que « la mise en place de cette réforme va augmenter les possibilités d'emploi et augmenter la productivité en augmentant la flexibilité » ce qui est important pour le futur économique de l'Australie, contredisant les dires du professeur Wooden.

L'OCDE encourage les réformes des liens employeurs-employé. Dans son rapport de 2004 sur l'économie australienne, il est noté « que pour encourager la participation et favoriser l'emploi, les conventions collectives doivent être réformées pour améliorer la flexibilité du marché du travail, réduire le coût de l'emploi et avoir une meilleur adéquation entre productivité et salaire ».

Sources



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