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Astronomie : Hubble précise la composition de l'atmosphère d'une exoplanète de la taille de Saturne

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Vue d'artiste de l'exoplanète WASP-39b

Publié le 10 mars 2018
À 700 années-lumière de la Terre, dans la constellation de la Vierge, WASP-39b, une exoplanète classée dans la catégorie des « saturnes chaudes », s'est vue observée à de nombreuses reprises par les télescopes spatiaux Hubble et Spitzer. D'un rayon 1.27 fois supérieur à celui de Saturne, cette géante gazeuse orbite très près de son étoile : sept millions de kilomètres, soit 20 fois moins que la distance Terre - Soleil (150 millions de kilomètres). Il ne lui faut donc que quatre jours pour effectuer une révolution complète autour de son étoile.

WASP-39b est une boule de vapeur d'eau

Dans leur article encore en pré-publication, Hannah R. Wakeford, chercheuse principale du Space Telescope Science Institute de Baltimore (Maryland) et de l'Université d'Exeter (Devon, Royaume-Uni), et son équipe internationale détaillent leurs découvertes : WASP-39b contient trois fois plus d'eau que Saturne. Une eau sous forme de vapeur en raison de la température de 776,7 °C qui règne sur toute la planète, là où elle est sous forme de cristaux de glace pour la géante aux anneaux de notre système solaire. De plus, les scientifiques ont découvert la présence d'une grande quantité d'éléments lourds qui suggère un bombardement passé par des corps glacés (comètes ou astéroïdes).

Une méthode éprouvée

Pour parvenir à ces résultats, les chercheurs ont exploité plusieurs spectres de lumière obtenus par l'étude des transits de WASP-39b devant son étoile. Appelée méthode des transits, il s'agit d'une méthode principalement exploitée pour découvrir des exoplanètes, même si elle présente quelques limites. En effet, il faut une configuration spatiale particulière (l'orbite de la planète doit passer « devant » l'étoile) ainsi que des instruments très sensibles. Mais ces pré-requis n'ont pas vraiment fait peur aux astrophysiciens, puisqu'ils sont déjà parvenus en 2017 à déterminer la composition atmosphérique de GJ 1132 b, une petite exoplanète similaire à la Terre.

De nouvelles mesures pour mettre au jour l'histoire de cette planète

Si WASP-39b a bien été la cible d'un bombardement de comètes ou d'astéroïdes ayant entraîné cette haute teneur en eau et en éléments lourds, celui-ci n'aurait jamais pu se produire avec une telle proximité avec son étoile. L'équipe conjecture donc que WASP-39b se serait formée bien plus loin qu'elle ne l'est actuellement, puis aurait lentement migré durant quelques milliards d'années jusqu'à sa position actuelle. Pour confirmer cette hypothèse, les scientifiques espèrent pouvoir utiliser le télescope spatial James Webb, dont le lancement est prévu en 2019. Celui-ci permettra de capturer un spectre plus complet de l'atmosphère de WASP-39b et notamment repérer le carbone atmosphérique, ce qui donnera les éléments nécessaires aux chercheurs pour mieux définir la zone de formation de cette exoplanète.

Lire aussi : NASA : Nouveau retard pour le télescope spatial James Webb


Sources francophones
Sources anglophones
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