Asie : la Chine affermit sa stratégie en mer de Chine méridionale

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Vue satellite de la mer de Chine méridionale
Les îles revendiquées

26 mai 2015. – La mer de Chine méridionale, théâtre depuis de nombreuses années de litiges entre les pays qui la bordent, passe un nouveau cap dans l'escalade des tensions. En effet, le gouvernement de la République populaire de Chine, qui revendique actuellement environ 90 % de cette mer se situant au sud de son territoire, a annoncé qu'il renforcerait sa stratégie militaire dans la zone, et qu'il construisait deux phares sur l'archipel des Spratleys, revendiqué par la Chine mais aussi la Malaisie, le Viêt Nam ou encore les Philippines. Celles-ci ont par ailleurs fait part de leur indignation, tout en appelant le soutien des États-Unis, ce qui n'a pas manqué de provoquer la colère de Pékin. Ainsi, la porte-parole du ministère des Affaires étrangères Hua Chunying a déclaré que « la Chine ne s'en prendra[it] pas à de petits pays », tout en rappelant que « de petites nations ne devraient pas, sans cesse, créer des ennuis, sans raison ».

La Chine a entrepris ces derniers mois d'importants travaux d'assèchement des îles Spratleys qu'elle occupe, et aménage désormais certains des ces îlots. Des images satellites ont montré que la superficie des ces îles avait été multipliée par cinq, tandis que certaines installations peuvent être aperçues, comme une piste aérienne et des aménagements portuaires. Wu Shicun, président de l'Institut national des études sur la mer de Chine méridionale (affilié au gouvernement chinois), a d'autre part annoncé que la construction des deux phares, commencée ce mardi, serait suivie par celle d'autres bâtiments civils. Selon Hua Chunying, ces phares sont destinés à faciliter les opérations de sauvetage en mer, ainsi qu'à protéger l'environnement et la sécurité de navigation.

Ces évènements font à la suite des activités militaires navales et aériennes lancées récemment par les États-Unis en mer de Chine méridionale. Par exemple, mercredi, un P-8A américain a survolé les îles Spratleys (que les chinois nomment « îles Nansha »). Ces activités génèrent une réponse, parfois armée, de la part de la Chine : ainsi, le porte-parole du ministère de la Défense nationale Yang Yujun a déclaré que la marine chinoise était depuis longtemps confrontée à des évènements de ce type, mais que « les réponses [étaient] toujours nécessaires, légales et professionnelles ». Il a qualifié les incidents récents de « vieux tours », destinés à salir la réputation de l'armée chinoise. D'autre part, Washington exige de la Chine qu'elle arrête de créer des îles artificielles dans cette zone. Selon le journal chinois Global Times, une « guerre est inévitable » si les États-Unis n'abandonnent pas ces demandes.

Les principales raisons des nombreuses revendications dont fait l'objet la mer de Chine méridionale sont l'existence de faibles gisements de gaz et de pétrole en son fond, et le fait que cette mer est un point de passage stratégique pour le commerce maritime international, majoritairement en provenance du Moyen-Orient, d'Europe, d'Amérique du Sud ou encore d'Afrique.

Malgré les tensions, l'espoir de paix persiste : ainsi, ce mardi, une « Initiative de paix en mer de Chine méridionale » a été présentée par le gouvernement taïwanais en la personne de son président Ma Ying-jeou, afin de résoudre les contentieux territoriaux entre les pays qui bordent la mer. Elle consiste en la proposition de suspension provisoire des revendications territoriales liées à la mer et est similaire à un plan du même type concernant la mer de Chine orientale, lancé en 2012. Celui-ci avait permis à Taïwan et au Japon de signer un accord sur les droits de pêche. Néanmoins, il n'y a que peu de chances que la Chine accepte cette proposition.

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