Argentine : Cristina Fernández de Kirchner candidate à la succession de son mari le 28 octobre prochain

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Cristina Fernández de Kirchner, le 25 avril 2007
Source : Presidencia de la Nación Argentina.

2 juillet 2007. – Cristina Fernández de Kirchner, « Première dame » de l'Argentine, sénatrice de Buenos Aires, a confirmé, dimanche 1er juillet 2007, par la voix de son chef de cabinet, Alberto Fernández, qu'elle entendait être candidate à l'élection présidentielle prévue pour le 28 octobre prochain, en vue de prendre la succession de son mari, Néstor Kirchner, entré en fonctions le 25 mai 2003.

Cette annonce ne constitue pas une surprise puisque les médias faisaient état, depuis plusieurs mois, de la probabiblité d'une candidature de la « Première dame ». L'annonce officielle devrait être faite par la candidate elle-même, le 19 juillet, depuis son « fief » électoral de La Plata, sa ville natale, capitale de la province de Buenos Aires, à environ 60 km au sud-est de la métropole argentine.

Cristina Fernández de Kirchner devrait concourir sous les couleurs du « Front pour la victoire » (Frente para la Victoria, FPV), faction électorale de centre-gauche créée en 2003, à l'occasion de la précédente élection présidentielle, au sein du Parti justicialiste (Partido Justicialista), la formation se réclamant « officiellement » de l'héritage du péronisme.

Les observateurs de la vie politique n'ont jusqu'ici pas été en mesure de déterminer les raisons profondes qui pousseraient le président Néstor Kirchner à ne pas solliciter un second mandat, alors que, selon la constitution argentine, il dispose de cette possibilité. Certains font état d'une hypothétique maladie du président, tandis que d'autres soulignent la crainte d'une possible défaite en raison de scrutins locaux s'étant montrés relativement défavorables à la faction politique au pouvoir.

Parmi les autres hypothèses citées par les médias, on relève celle qui imagine que le couple présidentiel argentin espèrerait, en procédant à une sorte d'« alternance matrimoniale » à la tête de l'exécutif, pouvoir contourner la règle des deux mandats consécutifs et, peut-être, éviter un sentiment de lassitude au sein de l'opinion publique. Si cette hypothèse avait un semblant de réalité, elle pourrait signifier que, à l'issue de son éventuel mandat de quatre ans, Cristina Fernández de Kirchner choisirait à son tour de ne pas se représenter, afin de permettre un retour de son mari au pouvoir, obtenant ainsi un séjour d'au moins douze ans à la Casa Rosada [1], là où la constitution ne permet qu'un double mandat de huit ans accordé à une seule personne

Quelle que soit la raison rééelle de ce retrait, la « Première dame » dispose quant à elle, dans l'opinion publique, d'un capital de sympathie qui semble dépasser largement les clivages politiques et, à ce titre, serait moins susceptible que son mari d'essuyer un échec électoral. Il faut noter que, mariée en 1975 avec l'actuel président, Cristina Fernández a suivi depuis cette époque un engagement politique parallèle au sein du Parti justicialiste, tout en conservant son indépendance. Dès 1989 en effet, elle est élue au parlement provincial de Santa Cruz et réélue en 1993. En 1995, elle est élue au Sénat, qu'elle préfère quitter en 1997 pour la Chambre des députés, avant de revenir en 2001 au Sénat, qu'elle n'a plus quitté depuis lors, même après l'accession de son mari à la présidence de la République et leur installation à la Casa Rosada.

Cristina Fernández devrait affronter au moins quatre candidats lors du scrutin du 28 octobre :

  • Roberto Lavagna, ancien ministre de l'Économie, de 2002 à 2005, durant les mandats d'Eduardo Duhalde et de Néstor Kirchner. M. Lavagna fait équipe avec Gerardo Morales. Ce dernier a estimé que la candidature de Cristina Fernández serait une « bonne nouvelle » pour l'opposition, la « Première dame » représentant, selon ses vues, une adversaire plus faible que ne l'aurait été le président sortant ;
  • Elisa Carrió, fondatrice du parti « Affirmation pour une république égalitaire » (Afirmación para una República Igualitaria), ancienne protégée de l'ancien président Raúl Alfonsín ;
  • Carlos Saúl Menem, ancien président de la République (de 1989 à 1999), représentant d'une autre faction du Parti justicialiste ;
  • Ricardo López Murphy, économiste, co-fondateur du parti « Proposition républicaine » (Propuesta Republicana, PRO), formation de centre-droit.

Le ministre de l'Intérieur, Aníbal Fernández, voit en Cristina Fernández la personnalité politique « a plus qualifiée pour remplacer Néstor Kirchner » et pour « approfondir le changement ».

Certains analystes annoncent, à plusieurs mois du scrutin, une très large avance de Cristina Fernández, susceptible d'être élue dès le premier tour, dans le cas où elle et son colistier encore inconnu atteindraient le score de 45 %, suffisant selon le code électoral argentin pour éviter le recours à un second tour de scrutin.

Dans l'éventualité d'une victoire de Cristina Fernández de Kirchner au scrutin du 28 octobre, la sénatrice deviendrait la première femme élue, au suffrage universel, à la présidence de la République. Elle ne serait toutefois pas la première titulaire de ces fonctions, ayant été précédée, de 1974 à 1976, par Isabel Martínez de Perón, élue vice-présidente en 1973 en même temps que son mari, Juan Domingo Perón, élu président, et auquel elle avait succédé après son décès, le 1er juillet 1974.

Notes

Sources

Sources anglophones
Sources francophones
Sources hispanophones