Union européenne : la Commission autorise la culture d'une pomme de terre OGM

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3 mars 2010. – La Commission européenne a annoncé, mardi 2 mars, avoir autorisé la culture d'une pomme de terre génétiquement modifiée « à des fins industrielles » du groupe allemand BASF, du nom de Amflora. Bruxelles a aussi accepté la commercialisation dans l'Union européenne à des fins alimentaires de trois variétés de maïs transgéniques de la firme Monsanto, des dérivés du MON 863. Cette dernière décision est cependant moins spectaculaire, dans la mesure où des produits OGM importés font régulièrement l'objet d'autorisations pour le commerce. Cela faisait douze ans que la Commission européenne n'avait pas autorisé de nouvelles cultures d'OGM.

Néanmoins, ce n'est qu'un « feu vert » qui a été émis par la Commission, ce qui signifie qu'il en est du ressort de chaque État membre de l'Union européenne de décider si cette pomme de terre pourra être cultivée ou non. Le ministre de la Santé autrichien va, par exemple, interdire la culture dans son pays de la pomme de terre génétiquement modifiée.

En France, le ministre de l'Agriculture Bruno Le Maire a annoncé mardi soir la saisie du Haut Conseil pour les biotechnologies, organisme chargé notamment « d'éclairer le gouvernement sur toutes questions intéressant les organismes génétiquement modifiés ou toute autre biotechnologie », à propos d'Amflora. Du côté de BASF, la pomme de terre en question ne sera pas proposée en France dans l'immédiat, a déclaré mardi BASF dans un communiqué. Amflora « est destinée aux pays qui sont d'ores et déjà prêts à l'utiliser », indique le groupe en citant la Suède, les Pays-Bas, la République tchèque et l'Allemagne. « BASF n'a pas prévu, à ce jour, de la proposer aux industriels français et souhaite tenir compte des particularités et des demandes de chaque pays », a ajouté le groupe.

Marielle Court, journaliste au Le Figaro, insiste sur la différence entre commercialisation et culture, car pour ce dernier, il faut en effet ajouter les risques environnementaux. « Avec du maïs importé, les risques de dissémination sont extrêmement faibles. Il pourrait éventuellement s'agir de quelques graines qui tombent d'un camion et qui poussent et que l'on peut supprimer », explique le chercheur Jean-Jacques Leguay, vice-président du comité scientifique du Haut Conseil pour les biotechnologies (HCB). « En revanche, si ce même maïs est cultivé, il peut y avoir une dissémination du pollen qui fécondera d'autres cultures de maïs non transgénique ». Cela peut alors devenir un problème économique pour un agriculteur qui aurait choisi de faire de l'agriculture biologique. Il perdrait son label. C'est ainsi que le HCB « a émis quelques réserves pour la betterave transgénique », rappelle Jean-Christophe Pages, le président de son comité scientifique.

De leur côté, les organisations professionnelles des semenciers français ont salué « une excellente nouvelle ». « Ce choix de la Commission européenne prouve que l'innovation a enfin sa place dans l'agriculture d'aujourd'hui et de demain », annonce Philippe Gracien, leur porte-parole, pro-OGM[1], dans un communiqué.

Notes

Sources



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