Ukraine : assaut sanglant à Kiev

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L'assaut donné par les forces de sécurité ukrainiennes s'est transformé en catastrophe.

Les affrontements à Kiev.

Euromaidan in Kiev 2014-02-19 12-20.jpg
Les policiers ukrainiens,
aujourd'hui.

Euromaidan in Kiev 2014-02-19 12-03.jpg
Les manifestants
avec leur réserve de munitions,
aujourd'hui.

19 février 2014. – Alors que ces derniers jours les signes d'apaisement se manifestaient, avec notamment l'évacuation de la mairie de Kiev occupée depuis le mois de décembre 2013, l'assaut donné par les forces de l'ordre ukrainiennes s'est transformé en scène de guerre. Le bilan des 48 dernières heures est d'au moins 26 morts et 241 blessés. Le bilan donné par le pouvoir ukrainien indique qu'au moins 9 policiers figurent parmi les victimes décédées.

Dans la nuit de mardi à mercredi les forces spéciales ukrainiennes ont lancé un assaut sur les manifestants de la place de l'indépendance à l'aide de trois blindés équipés de canons à eau, pour traverser les barricades et les feux de pneus après que des manifestants sont partis à l'assaut du parlement ukrainien. Les manifestants présents sur la place ont riposté avec des cocktails Molotov, des pierres et des feux d'artifice. Une fois les manifestants repoussés par les blindés, c'est au tour de milliers de policiers antiémeutes - les Berkout - d'intervenir à l'aide de grenades lacrymogènes et assourdissantes. Une autre vague de policiers est intervenue par la suite, ceux-ci équipés de fusils.

Lors de l'assaut, le président ukrainien, Viktor Ianoukovitch, a reçu les principaux leaders de l'opposition. Il a notamment assuré que les manifestants avaient « franchi les limites » et les accusait d'avoir apporté des armes à feu. D'après un des leaders de l'opposition, Vitali Klitschko, le président ukrainien considère que les manifestants sont les seuls responsables de ces violences et des victimes. Il demande également à l'opposition de « prendre ses distances avec les radicaux » ou de « reconnaître qu’elle les soutient » affirmant que si cette deuxième option était choisie le dialogue entre le pouvoir et les représentants de l'opposition sera différent.

Un second assaut a eu lieu mercredi matin à l'aube. À la fin des violences, la police ukrainienne occupait un tiers de la place de l'Indépendance et démolissait les installations en place.

Les manifestations s'étendent dans l'ouest du pays[modifier | modifier le wikicode]

Dans la ville de Lvov, une ville de l'ouest de l'Ukraine, les manifestants ont pris d'assaut le siège de l'administration et de la police. Toujours à Lvov, environ 5 000 manifestants ont pris le contrôle des stocks d'armes de l'armée.

Des craintes d'un nouvel assaut[modifier | modifier le wikicode]

Vers 15 heures (heure française) les services de sécurité ukrainiens (SBU) ont annoncé lancer une opération « anti-terroriste » dans le pays. Selon les services de sécurité des « groupes extrémistes et radicaux menacent la vie de millions d'Ukrainiens » ajoutant qu'« aujourd'hui on assiste à un usage de la force délibéré et ciblé, par le biais d'incendies, de meurtres, de prises d'otages, d'intimidation de la population dans des buts criminels. Tout cela en employant des armes à feu ». Le site internet du SBU explique que « des tribunaux sont incendiés, des vandales détruisent des logements privés, tuent des civils pacifiques ».

Condamnations internationales[modifier | modifier le wikicode]

Les ministres des affaires étrangères européens se sont réunis à Bruxelles dans la journée au cours d'une session extraordinaire et doivent discuter demain, jeudi 20 févier, d'un plan de sanction à l'égard du régime ukrainien. Selon José Manuel Barroso, le président de la Commission européenne, les ministres envisagent « des mesures ciblées qui peuvent être adoptées par nos Etats membres d’une manière urgente contre les responsables de la violence et d’un recours excessif à la force ». Le président de la Commission européenne demande également la fin immédiate des violences et le début d'un dialogue significatif. La chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton a déclaré que « toutes les options, y compris des sanctions » étaient envisagées.

De leur côté, Angela Merkel et François Hollande, réunis tous deux à Paris, ont dénoncé des « actes inqualifiables, inadmissibles, intolérables » et préviennent que « ceux qui ont commis des actes, ceux qui se préparent à en commettre d'autres, doivent savoir qu'ils seront sanctionnés ». Ils ont également demandé à la Russie de s'impliquer dans la recherche d'un dialogue et d'une solution pour une sortie de crise en Ukraine. Demande à laquelle le président russe, Vladimir Poutine, a répondu par l'affirmative et s'est engagé à collaborer avec l'Allemagne afin de chercher une solution pour faire cesser la spirale de la violence en Ukraine.

Le premier ministre du Royaume-Uni, David Cameron, s'est dit « profondément inquiet » et a ajouté que « la violence exercée par tous les camps est complètement inacceptable et le président a la responsabilité de retirer ses troupes pour désamorcer la situation ».

Le ministre polonais des affaires étrangères, Radoslaw Sikorski, s'est rendu à Kiev pour faire le point sur la situation, Laurent Fabius, le ministre des affaires étrangères français, a indiqué qu'il rejoindrait son homologue dès demain. Leur homologue allemand a déclaré que le président ukrainien avait commis une « grosse faute » et a ajouté que « les manoeuvres dilatoires du président Ianoukovitch ont coûté cher à l'Ukraine. Son refus de discussions sérieuses sur une solution pacifique au conflit et sur une réforme constitutionnelle est une grosse faute ».

Les États-Unis ont pour leur part qualifié de « scandaleuses » les violences en cours.

Selon les responsables russes, les violences en cours en Ukraine sont une « tentative de coup d'État ». Le ministre des affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov a accusé « de nombreux pays occidentaux » d'avoir « encouragé l'opposition à agir hors du terrain légal ». Les autorités russes affirment que ces violences sont la « conséquence directe de la connivence de responsables politiques occidentaux et des structures européennes qui ont fermé les yeux [...] sur les actions agressives de forces radicales ». Cependant le porte-parole de Vladimir Poutine affirme que « le président russe n'a jamais donné et ne donne pas de conseils à son homologue ukrainien sur ce qu'il faut faire ou ne pas faire, et n'a pas l'intention d'en donner à l'avenir »

Voir aussi[modifier | modifier le wikicode]

Sources[modifier | modifier le wikicode]


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