Suisse : Le gouvernement adopte un plan d'aide pour l'UBS

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17 octobre 2008. – Après plusieurs semaines de mutisme devant la crise économique, le gouvernement suisse a informé la presse jeudi de l'adoption d'un train de mesures visant en particulier à assurer la « stabilisation financière » de la principale banque du pays, l'UBS.

Jusqu'à mercredi inclus, la position du gouvernement était restée identique, comme résumée par Oswald Sigg porte-parole du gouvernement : « Le gouvernement ne communiquera que lorsqu’il y aura quelque chose à communiquer ». Jeudi matin, c'est chose faite : devant une salle de presse comble, le président de la Confédération Pascal Couchepin, la ministre des Finances par intérim Eveline Widmer-Schlumpf (qui remplace son collègue Hans-Rudolf Merz hospitalisé), le patron d'UBS Peter Kurer ont dévoilé un plan d'urgence décrit précédemment dans un communiqué du Département fédéral des finances ainsi : « Le Conseil Fédéral, la Banque nationale suisse (BNS) et la Commission fédérale des Banques (CFB) ont décidé de mettre en œuvre un ensemble de mesures en vue de stabiliser encore davantage le système financier suisse »[1].

Concrètement, le plan décrit la création d'une société, entièrement contrôlée par la Banque nationale suisse, dans laquelle les actifs illiquides de l'UBS pourront être transférés pour un montant maximal de 60 milliards de dollars ; cette société est financée par UBS pour 6 milliards de dollars et par un prêt octroyé par la BNS de 54 milliards de dollars au maximum, selon le communiqué publié par la banque centrale[2]. Ce transfert va permettre de sortir les « actifs pourris » du bilan de la banque et de les conserver dans une structure séparée en attendant de pouvoir les réaliser lorsque la crise sera passée. En plus de ce transfert d'actif, la Confédération souscrit à un emprunt à conversion obligatoire d'un montant de 6 milliards de francs afin d'augmenter les fonds propres de la banque.

En plus de ces mesures immédiates, une augmentation de la garantie des dépôts, qui n'est actuellement que de 30 000 francs, devrait être prise selon le gouvernement au cours de l'hiver. Cette augmentation devrait être suivie par une « révision en profondeur » du système de garantie d'ici mars 2009.

De son côté, le Credit Suisse, seconde banque du pays, moins touchée par la crise que son concurrent, va augmenter sa base de fonds propres d'environ 10 milliards de francs sur la demande de la Commission fédérale des banques selon un communiqué de presse publié par l'établissement[3].

Alors que le plan doit encore être approuvé à la fois par le Parlement et par les actionnaires de l'UBS, le président de la banque, Peter Kurer, a d'ores et déjà remercié «  le Conseil fédéral et la BNS de leur disponibilité à développer une solution commerciale satisfaisant à des critères économiques et permettant de soutenir la stabilité du système financier et d'UBS » tout en précisant : « dans cette phase de turbulence des marchés, nous voulons prendre toutes les mesures qui s'imposent pour protéger la solidité de la banque ».

Références

  1. Communiqué de presse : ((fr)) « Le Conseil fédéral prend des mesures pour renforcer le système financier suisse ». admin.ch, 16 octobre 2008.
  2. Communiqué de presse : ((fr)) « Mesures destinées à renforcer le système financier suisse ». Banque nationale suisse, 16 octobre 2008.
  3. Communiqué de presse : ((en)) « Credit Suisse builds on strong capital position ». Credit Suisse, 16 octobre 2008.

Sources