Royaume-Uni : inculpation de cinq des neuf suspects de terrorisme arrêtés à Birmingham

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10 février 2007. – La justice britannique a procédé, vendredi 9 février 2007, à l'inculpation de cinq [1] des neuf personnes soupçonnées de menées terroristes, qui avaient été arrêtées le 31 janvier à Birmingham.

Les services de police des West Midlands avaient procédé ce jour-là à l'arrestation de neuf personnes d'origine pakistanaise, et on avait appris depuis lors que, selon l'hypothèse retenue par les enquêteurs, ces personnes auraient préparé l'enlèvement, sur le sol britannique, d'un militaire britannique de confession musulmane et auraient envisagé de le torturer puis de la décapiter, tout en filmant les opérations, et auraient eu l'intention de diffuser ultérieurement les images via Internet, dans le but de dénoncer la persistance de la présence militaire britannique en Irak [2].

Les éléments dévoilés le 9 février tant par la police que par la justice britanniques sont sensiblement différents de ce qui avait filtré jusque-là. Un seul des six suspects, Parviz Khan, âgé de 36 ans, a été inculpé d'avoir comploté en vue de l'enlèvement et de l'assassinat d'un soldat britannique. Les quatre autres suspects, Hamid Elasmar, âge de 43 ans, Zahoor Iqbal, âge de 29 ans, Mohammed Irfan, âgé de 30 ans et Amjad Mahmood, âgé de 31 ans, ont été inculpés de charges non dévoilées, en vertu de la loi sur le terrorisme.

Un sixième homme, Basiru Gassama, âgé de 29 ans, aurait également mis en cause en vertu de la loi sur le terrorisme, dans la soirée du vendredi 9 février. Son inculpation pourrait survenir samedi 10 février au matin. Il lui serait reproché de ne pas avoir informé les autorités du complot dont il aurait eu pleine connaissance.

Trois des personnes interpellées le 31 janvier ont été mises hors de cause par les enquêteurs. L'une de ces personnes mises hors de cause, Abu Bakr, qui travaille dans une librairie de Birmingham, s'est exprimé à la télévision, jeudi 8 février, au lendemain de as libération, et a estimé que, selon lui, la Grande-Bretagne serait « un État policier pour les musulmans » et que sa législation antiterroriste serait spécifiquement prévue pour cette communauté. Le chef de l'opposition conservatrice, David Cameron, a tenu à s'inscrire en faux contre ces allégations, en soulignant que les lois en question s'appliqueraient à tout le monde et que, par exemple, les règles en matière de détention provisoire ou de comportement de la police seraient clairement définies.

Dans les rangs du Parti travailliste, les réactions à l'interview télévisée de M. Bakr ont été relativement fermes. Un porte-parole du Premier ministre Tony Blair a précisé que, selon ses vues, dans un État policier, une personne soupçonnée de terrorisme n'aurait pas été libérée et n'aurait pas eu le loisir de s'exprimer en suite à la télévision. Le chancelier de l'Échiquier, Gordon Brown, candidat déclaré à la succession de Tony Blair, a qualifié les propos de M. Bakr d’« inacceptables ». Enfin, le leader des Communes, Jack Straw, a qualifié la vision de la Grande-Bretagne comme État policier de « bon-sens total et absolu » et n'a pas caché sa tristesse de devoir se justifier à l'heure où, selon lui, la démocratie britannique aurait à combattre ceux qui chercheraient à en détruire les bases même.

Notes

Sources

Sources anglophones
Sources francophones