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RDC : À la reprise des combats s'ajoute une crise humanitaire au Nord-Kivu

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Carte de la République démocratique du Congo.

Publié le 31 octobre 2008
La situation humanitaire s'est aggravée dans la province du Nord-Kivu, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), où les rebelles du Congrès national du peuple (CNDP) de Laurent Nkunda affrontent les forces armées congolaises (FARDC).

Le Coordonnateur de l'ONU, John Holmes, a réclamé jeudi un accès humanitaire d'urgence. De son côté, le Directeur de la mission de l'ONU en RDC (MONUC), Kevin Kennedy, a indiqué que « le cessez-le-feu déclaré par Laurent Nkunda » mercredi près de Goma « semblait tenir » alors qu'à l'intérieur de cette ville « une partie des unités des FARDC se sont démantelées et se livrent à des pillages... » Soulignant les faibles moyens de la MONUC sur place, il a souhaité la consolidation du cessez-le-feu par des initiatives politiques en exhortant le Rwanda à agir dans ce sens.

Mercredi le Conseil de sécurité, dans une déclaration de son président en exercice Zhang Yezui (Chine), a exprimé sa très grande préoccupation face à la situation humanitaire, condamné la récente offensive des rebelles et appelé la RDC et le Rwanda à prendre des mesures pour réduire les tensions et restaurer la stabilité dans la région.

Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), près de 70% de la population du Nord-Kivu est aujourd'hui déplacée. La situation a brutalement empiré avec la reprise des combats puisqu'en 48 heures ce sont près de 40 000 nouveaux déplacés que l'on peut recenser. En outre, le caractère aigu du conflit restreint provisoirement l'aide à la ville de Goma.

Jendayi Frazer, secrétaire d’État adjointe des États-Unis chargée des affaires africaines, a été reçue hier, à Kinshasa, par le président de la RDC, Joseph Kabila. À l'issue de l'entretien et lors d’une conférence de presse dans la capitale congolaise, elle a appelé à la neutralisation de toutes les forces négatives de l’Est de la RDC, à savoir le CNDP de Nkunda, les FDLR et les groupes hutus rwandais. «  La secrétaire d’État Condoleeza Rice a eu des discussions avec le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon, les présidents Kagame et Kikwete[1], ainsi que d’autres, et tous sont fondamentalement d’avis qu’il est nécessaire pour les présidents Kabila et Kagame de traiter ensemble de la question du CNDP », a expliqué Mme Jendahi Frazer à Kinshasa.

La proposition de la présidence française de l'Union européenne (UE) qui préconisait d'envoyer de 400 à 1500 militaires au Nord-Kivu n'a pas été retenue. Les 27 ambassadeurs du comité de politique et de sécurité ont repoussé le projet soutenu par la Belgique. L'UE reste cependant active dans la recherche d'une solution diplomatique. C'est dans ce contexte que le ministre français des affaires étrangères Bernard Khouchner et son homologue britannique David Miliband ont entrepris vendredi 31 octobre une tournée qui doit les mener à Kinshasa, Kigali et Goma. Le commissaire européen au développement et à l'aide humanitaire, Louis Michel, qui les a précédé, a lancé un appel pour un sommet de la paix à Nairobi.

Notes

Sources