Prothèses PIP : les aveux ahurissant de Jean-Claude Mas

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Implant mammaire en silicone.
Implant mammaire en silicone.

8 janvier 2012. – Le fondateur de la société varoise Poly Implant Prothèse a reconnu devant les enquêteurs avoir utilisé du gel non-homologué en octobre dernier : « Je savais que ce gel n'était pas homologué, mais je l'ai sciemment fait car le gel PIP, rapport qualité-prix c'était moins cher et de bien meilleure qualité » a-t-il expliqué, selon le PV d'audition que l'AFP a pu consulter. Selon lui, c'est depuis 1993, soit deux ans après la création de l'entreprise, qu'il « donne l'ordre de dissimuler la vérité » à l'organisme certificateur allemand TÜV.

« Il s'agit de personnes fragiles ou de personnes qui font ça que pour le fric » répond Jean-Claude Mas quand les gendarmes lui demande ce qu'il pense des 2 000 plaintes de victimes. « Ca en dit long sur l'absence totale de remords de la part de ce monsieur, et sur un cynisme effarant vis-à-vis des victimes, qu'il va même jusqu'à accusé de cupidité » analyse Laurent Gaudon, avocat de victimes de PIP. Pour Thierry Brinon, directeur technique, le seul but de la fraude est d'« augmenter sensiblement la rentabilité de l'entreprise ».

Avec dédain, Jean-Claude Mas raconte comment il a trompé les autorités sanitaire : il donnait l'ordre de dissimuler les documents compromettant avant les contrôles pendant que les employés faisaient disparaître les containers de gel non-homologué. « TÜV annonce sa visite dix jours avant... C'était de la routine. On l'a fait pendant treize ans sans aucun problème » explique-t-il. Pour Thierry Brinon, « tant que ces organismes inspecteront avec préavis systématique, toute déviance industrielle pourra être cachée ».

Néanmoins, le produit présente rapidement des risques. Selon Thierry Brinon, c'est sur la qualité des enveloppes que des économies ont étaient faites. Les ruptures d'implants s'accumulent et les chirurgiens inquiets préviennent l'AFSSaPS. « Bon nombre de personnes dans l'entreprise, connaissant la fraude, sont convaincues que la qualité du gel PIP en est la cause et même Jean-Claude Mas qui vantait son gel comme son troisième enfant commençait à en douter » raconte T. Brinon.

En 2009, le nombre de ruptures augment « entre 30 et 40 % » selon Claude Couty, le directeur financier, informé par les chirurgiens. Mais le fondateur de la société persiste à croire que ses produits ne sont point dangereux et qu'il ne « aucun risque pour la santé ». A cette époque, la rémunération mensuelle de Jean-Claude Mas était de 30 000 euros.

Sources



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