Paul Wolfowitz accepte de démissionner de la Banque mondiale

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Paul Wolfowitz

18 mai 2007. – Le président de la Banque mondiale, Paul Wolfowitz a annoncé, aujourd'hui à son conseil d'administration, qu'il quitterait son poste le 30 juin prochain.

Rappels des faits

Paul Wolfowitz, qui était le Secrétaire adjoint à la Défense aux États-Unis, arriva le 1er juin 2005 à la présidence de la Banque mondiale. Trois mois plus tard, il obtenait un poste au Département d'État pour son amie Shaha Riza. Ex-responsable de la communication de la Banque mondiale pour le Moyen-Orient, elle restait néanmoins encore payée par la Banque Mondiale. Elle aurait reçu, selon des documents internes révélés par la presse, une promotion et plus de 60 000 dollars d'augmentation de salaire portant ses émoluments à quelque 200 000 dollars par an.
Lors de son retour à la Banque Mondiale, elle bénéficierait également de promotions la portant, à terme, au grade de vice-président. Ce fut le journal britannique le Financial Times qui révéla le 12 avril 2007 les augmentations étaient ordonnées par le président lui-même. Alors que le conseiller de M. Wolfowitz affirma que le conseil d'administration était parfaitement au courant et d'accord avec les augmentations de salaires de Mme. Riza, néanmoins, le 13 avril 2007, les administrateurs de la Banque mondiale démentirent cette affirmation et appelèrent à la démission le président de la Banque mondiale, dont le mandat n'expirait normalement qu'en 2010.[1]

Le personnel de la Banque était alors en rébellion contre son président au point de le huer en public, mais pour défendre cet ami de George Walker Bush, les proches du vice-président Dick Cheney alla jusqu'à affirmer que l'affaire avait été construite de toutes pièces par les Européens qui voulaient se venger de l'un des principaux artisans de la guerre en Irak. Cet argumentation tomba avec la publication d'un rapport le 14 mai écrit par le comité chargé d'enquêter sur l'avancement et les augmentations salariales consentis à M. Riza avant qu'elle ne soit détachée au département d'État. Il concluait que « M. Wolfowitz s'était placé de facto dans un conflit d'intérêts » et que « la crise de crédibilité et d'autorité » était très néfaste pour l'institution. M. Wolfowitz était alors tellement isolé que seuls les États-Unis et le Japon auraient encore voté en sa faveur contre les 22 autres pays donateurs de l'organisme en cas de vote de destitution, ce qui aurait humilié le gouvernement étasunien, déjà très divisé sur le sujet, pour la gestion de cette crise.

De plus, en janvier dernier, le conseil d'administration lui fit une remontrance au sujet de l'absence de stratégie claire pour la Banque mondiale. D'autres griefs se sont ajoutés comme l'alignement des décisions du président sur les intérêts américains (la réouverture d'un bureau à Bagdad est un exemple) et l'utilisation de conseillers venant directement de la Maison blanche ou du Pentagone.

Les appels à la démission sont donc venus d'Europe, mais aussi d'Amérique latine et des organisations non gouvernementales qui travaillent avec la Banque mondiale. Au fur et à mesure que la crise se durcissait, ces appels furent de plus en plus pressant.

Conditions du départ

Néanmoins, Paul Wolfowitz ne voulait pas démissionner en prenant toute les fautes à son compte, même s'il se reconnaissait responsable il refusait de se déclarer coupable. Le conseil d'administration accepta donc, après deux jours de négociations avec l'intéressé, de dire que M. Wolfowitz a agit « en toute bonne foi et qu'il pensait agir pour les intérêts de l'institution ». Celle-ci ajoute, toujours suivant la demande de M. Wolfowitz « un certain nombre d'erreurs ont été faite par plusieurs personnes sur ce dossier et le système de fonctionnement de la Banque a montré des faiblesses face aux contraintes sous lesquelles elle est placée ».
Les administrateurs ont ajouté que le combat de M. Wolfowitz contre la corruption et l'aide accordée à l'Afrique avaient été très importantes pour l'institution.
L'association qui représente les 7 000 employés à temps plein de l'organisation à Washington DC a annoncé « bien accueillir la nouvelle, mais la démission du président n'est pas acceptable sous les termes employés par le conseil d'administration » en ajoutant que « cela mine complètement les principes de bonne gouvernance et les principes de compétence ».

En revanche, rien n'a filtré concernant les possibles indemnités accordé pour ce départ prématuré même si beaucoup d'employés pensent que les tractations furent longues à cause de cela.
En effet, si son salaire est de 375 000 dollars (soit 278 000 euros), ce montant n'ayant pas changé depuis 2004 avant que M. Wolfowitz n'arrive à la présidence, il n'est payé en compensation en cas de rupture de contrat. Le tout est de savoir si cette démission peut être considérée comme une rupture de contrat ou non.
Les discussions sur cette démission ont principalement opposées Robert Bennett, l'avocat de M. Wolfowitz qui fut aussi celui de l'ancien président des États-Unis Bill Clinton lors de l'affaire Paula Jones avec le directeur britannique Thomas Scholar, un politique proche de Gordon Brown, l'actuel chancelier de l'Échiquier et très probable futur Premier ministre du Royaume-Uni.

L'après Paul Wolfowitz

Pour succéder à la place de M. Wolfowitz, le 30 juin prochain, une règle non-écrite qui est établi depuis 1944 veut que le président de la Banque mondiale soit un citoyen étasunien, même si les autres acteurs voudraient rendre cette règle caduque en établissant celle qui demande que « la nomination soit faite sur la base du mérite et dans le cadre d'un processus transparent ».
Donc comme l'a indiqué le porte-parole de la Maison blanche, Tony Fratto, c'est George Bush qui annoncera bientôt une candidature pour la succession de M. Wolfowitz, candidature qui dans les faits devient une simple nomination.
Les candidatures possible qui circulent actuellement à Washington sont celles de Stanley Fischer (le gouverneur de la Banque d'Israël mais citoyen étasunien), Robert Zoellick (un ancien représentant du commerce), Paul Volcker (ancien président de la Réserve fédérale des États-Unis) ou encore de Robert Kimmitt (actuel second secrétaire du Département du Trésor). La candidature, plus hypothétique de Tony Blair (premier ministre britannique sortant) a aussi été évoqué.

Notes

Sources

Voir sur Wikipédia l'article
Paul Wolfowitz.