Niger : Mahamadou Issoufou élu président de la République

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L'opposant Mahamadou Issoufou a remporté le second tour de l'élection présidentielle avec près de 58 % des voix, selon les résultats provisoires de la Commission électorale. Ce scrutin, considéré comme démocratique par les observateurs, marque le retour du pouvoir aux civils, après un an de transition militaire.

Mahamadou Issoufou le 4 décembre 2004, alors en protestation contre le déroulement de l'élection présidentielle qui voit la réélection de Mamadou Tandja.

14 mars 2011. – La Commission électorale a publié ce lundi les résultats provisoires de l'élection de samedi dernier : avec 57,95 % de voix (1,8 million de suffrages), l'opposant historique Mahamadou Issoufou devient le sixième président de la République du Niger. Déjà arrivé en tête du premier tour le 31 janvier dernier, le candidat du Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme, ingénieur des mines originaire de la région de Tahoua (ouest) et âgé de 59 ans, s'est présenté aux cinq élections présidentielles qui ont eu lieu depuis l'instauration du pluralisme politique en 1992. Il devance Seïni Oumarou, qui a obtenu 42,05 % des voix (1,3 million de suffrages). La participation s'établit à 48,17 %, en baisse par rapport aux 51,56 % du premier tour. Le Conseil constitutionnel de transition a quinze jours pour valider et proclamer définitivement ces résultats provisoires globaux.

Premier ministre de 1993 à 1994, sous la présidence de Mahamane Ousmane, président de l'Assemblée nationale de 1995 à 1996 puis député de 1999 à 2009, le nouveau président a également un long passé d'opposant politique. Il s'est retrouvé à deux reprises au second tour face à Mamadou Tandja, en 1999 et en 2004. Sa cinquième tentative l'a donc vu remporter la victoire face à Seïni Oumarou, ancien Premier ministre et candidat du Mouvement national pour la société du développement, le parti de l'ancien président Mamadou Tandja. Ce dernier est actuellement en prison : en 2009, il avait soumis une nouvelle constitution à référendum pour transformer le système politique en système pleinement présidentiel, s'était accordé trois ans de gouvernement intérimaire, avait dissout le conseil constitutionnel qui s'opposait à lui et pris des « pouvoirs exceptionnels ». Il avait finalement été renversé en février 2010 par un coup d'État militaire et une junte, présidée par le chef d'escadron Salou Djibo, avait pris le pouvoir en promettant de le rendre aux civils. M. Djibo a déclaré samedi en ouvrant le vote à Niamey, la capitale, que si le scrutin se déroulait démocratiquement, lui et les Nigériens auraient « accompli ensemble cette démocratie qui servira d'exemple à l'Afrique ». Selon les observateurs présents sur place, il semble bien que cette élection se soit déroulée librement et dans le calme.

Localisation du Niger en Afrique.

M. Issoufou a affirmé que « le Niger n'est pas un pays pauvre mais un pays mal géré » et promet la « stabilité » et la « sécurité ». Son investiture est prévue le 6 avril prochain, pour un mandat de cinq ans. Il pourra compter sur une majorité relative de son parti à l'Assemblée, issue des élections législatives du 31 janvier, mais aura de nombreux défis à relever : le Niger est l'un des pays les plus pauvres du monde, et malgré ses ressources naturelles est sujet à l'insécurité alimentaire ; il souffre également d'instabilité institutionnelle, avec quatre coups d'État depuis son indépendance en 1960. Sur le plan de la sécurité, le nouveau gouvernement devra faire face au groupe armé « Al-Qaïda au Maghreb islamique » qui a commis récemment plusieurs enlèvements d'occidentaux sur son sol.

Sources



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