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Manifestations dans cinq villes de France contre le réacteur pressurisé européen de Flamanville

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Une vue de la manifestation de Toulouse

Publié le 17 mars 2007
Le Réseau Sortir du nucléaire a organisé, samedi 17 mars 2007, des manifestations dans cinq villes de France, pour protester contre le nouveau réacteur pressurisé européen (EPR) à Flamanville et pour des alternatives au nucléaire en France.

Les manifestants ont répondu à l'appel du Réseau Sortir du nucléaire, du collectif "Stop EPR" et de dizaines d'organisations, telles que Greenpeace, Agir pour l'environnement, Les Amis de la Terre, la Confédération paysanne et WWF France. Alors que 59% des Français se prononcent en faveur d'une diminution du nucléaire en France, le Réseau “Sortir du nucléaire” demande aux candidats à l'élection présidentielle de s’engager à annuler la construction de tout projet de réacteur nucléaire EPR, à Flamanville en Normandie ou ailleurs.

Pour Le Réseau "Sortir du nucléaire", il s'agit "d'un succès incontestable digne des plus grands rassemblements des années 70.(..)les 62 000 manifestants ont clairement démontré qu'ils ne voulaient pas de relance du nucléaire en France".

Dominique Voynet qui participait au défilé toulousain, s'est félicitée de la mobilisation. Elle s'est désolée de la faiblesse du débat à gauche à propos de l'EPR.

Les manifestations

62 000 manifestants ont défilé contre le nucléaire à travers toute la France, dont 40 000 manifestants à Rennes, 8 000 à Lyon, 5 000 à Toulouse, 5 000 à Strasbourg et 4 000 à Lille.

Lille

La manifestation a débuté, à 14h sur la Place de la République. Environ 5000 manifestants ont parcouru les 100 premiers mètres à reculons, un symbole pour dénoncer le "caractère rétrograde" du projet de nouveau réacteur EPR.

Lyon

Manifestants à Lyon

La manifestation a débuté à 14h sur la Place Bellecour.

Cette manifestation a rassemblé environ 6000 personnes, parmi

lesquelles Michèle Rivasi, l'ancienne députée socialiste de la Drôme (aujourd'hui membre des Verts) et fondatrice de la Criirad

Rennes

La manifestation la plus imposante a été celle de Rennes, dans l'Ille-et-Vilaine, département relativement proche de celui de la Manche où se situe la centrale de Flamanville.

Cette manifestation aurait réuni 40 000 personnes, parmi lesquelles, on a remarqué la présence de :

Strasbourg

La manifestation de Strasbourg aurait réuni 5 000 personnes, parmi lesquelles, on a noté les personnalités suivantes :

Etaient aussi présents en masse les militants du collectif « Stop Bure », qui lutte contre le Laboratoire de recherche souterrain de Meuse/Haute-Marne situé à Bure en Lorraine, et des militants du collectif « Stop Fessenheim », qui réclament la fermeture de la trop ancienne centrale nucléaire de Fessenheim en Alsace.

Toulouse

Animation musicale sur le camion « Stop EPR », au milieu du cortège toulousain

À Toulouse, la manifestation, partie vers 15 heures de la prairie des Filtres, sur les rives de la Garonne, a défilé durant trois heures dans le centre ville [1], traversant le pont Neuf et passant par la Daurade, pour finir par Esquirol.

Dominique Voynet, sénatrice de la Seine-Saint-Denis, membre des Verts et candidate à l'élection présidentielle, était sur les lieux avant même le départ du cortège, sur la prairie des Filtres –  où se dressaient de nombreux stands et avaient lieu diverses animations – et l'a suivi jusqu'à la Daurade.

Interrogée par un journaliste du quotidien Libération, la candidate des Verts a déploré que le débat sur le réacteur pressurisé européen ne soit pas « un enjeu majeur de cette campagne présidentielle », au cours de laquelle, selon ses vues, ne seraient pas « abordés les débats de fonds qui induisent les choix de société ».

Les arguments

Les partisans de l'EPR mettent en avant son taux d'émission de gaz à effet de serre (GES) pratiquement nul, tandis que ses opposants soulignent les risques d’accidents nucléaires et qu'"Il n'existe aucune possibilité d'élimination des déchets radioactifs : ils sont dangereux aujourd'hui et pour des dizaines de milliers d'années." (site du réseau "Sortir du Nucléaire")

Avec le réacteur nucléaire EPR, c’est le renouvellement du parc nucléaire français tout entier qui est en jeu avec des dizaines de nouveaux réacteurs. Le premier réacteur EPR coûterait au minimum 3,3 milliards d’euros. L’étude du cabinet d’étude d’experts “Les sept vents du Cotentin” montre que cette même somme permettrait de pourvoir aux mêmes besoins énergétiques, de développer des sources d'énergie locales à partir d’énergies renouvelables et de créer 15 fois plus d’emplois.

Le réacteur pressurisé européen (EPR, de l'anglais European Pressurized Reactor) est un projet franco-allemand porté par Areva NP, société commune de Areva et Siemens AG. Areva NP défend la sûreté et la rentabilité économique de l'EPR par rapport à celles des précédents réacteurs à eau pressurisée. Les opposants considèrent au contraire que l'EPR est coûteux, dangereux, inutile, et n'apporte aucune innovation majeure, notamment en ce qui concerne les déchets radioactifs.

L'EPR dans la campagne présidentielle française

Dominique Voynet, au sein de la manifestation de Toulouse
Drapeaux des Verts, place Bellecour à Lyon

Parmi les candidats au premier tour de l'élection présidentielle, qui aura lieu le 22 avril prochain,

  • quatre sont soit favorables à la construction de l'EPR ou ne s'y montrent pas hostiles :
    • Marie-George Buffet, secrétaire nationale du Parti communiste français (PCF), se prononce « pour un nucléaire sécurisé et durable », perspective dans laquelle « l'EPR et les générateurs de la quatrième génération ainsi que ITER pour la fusion devront contribuer à cet effort de recherche »;
    • Jean-Marie Le Pen, président du Front national (FN), ne s'est pas spécifiquement exprimé sur l'EPR, mais son programme contient, dans les mesures prévues au chapitre consacré à l'énergie, un alinéa qui prévoit de « poursuivre l'effort sur l'énergie nucléaire : les filières de 3e et 4e générations seront programmées »;
    • Frédéric Nihous, membre du bureau de Chasse (CPNT), s'appuie sur le programme de sa formation, qui prévoit notamment de « promouvoir les énergies renouvelables ne portant pas atteinte à l'environnement de façon complémentaire à l'énergie nucléaire »;
    • Nicolas Sarkozy, président de l'Union pour un mouvement populaire (UMP), a affirmé que les seules énergies renouvelables ne sauraient remplacer le nucléaire;
  • trois sont ou semblent hostiles :
    • Olivier Besancenot, membre de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), s'interroge sur le coût de l'EPR, vu par lui comme facteur d'enrichissement financier pour les groupes industriels qui en assurent la promotion;
    • José Bové [2], fidèle à son attitude prônant la désobéissance civile, se déclare, à titre personnel, prêt à des actions visant à empêcher ou retarder la construction de l'EPR, et notamment à « démonter des pylônes »;
    • Dominique Voynet, membre des Verts, formation foncièrement opposée, depuis sa création, à l'énergie nucléaire, était sans surprise présente dans une des manifestations, à Toulouse;
  • Philippe de Villiers, président du Mouvement pour la France (MPF), sans être a priori hostile à l'énergie nucléaire, demande toutefois un moratoire, afin de travailler en priorité sur la question des déchets nucléaires;
  • deux réclament un débat public :
    • Ségolène Royal, membre du Parti socialiste (PS), s'est prononcée pour une relance du débat sur l'EPR;
    • François Bayrou, président de l'Union pour la démocratie française, considère, dans une lettre rendue publique par le Réseau Sortir du nucléaire, que « Les conditions du débat public sur l'EPR n'ont pas été satisfaisantes, puisque la loi d'orientation sur l'énergie avait déjà entériné le choix industriel de l'EPR »; pour autant, il ne se montre pas hostile a priori à l'énergie nucléaire, puisqu'il estime, dans le même courrier, d’« accompagner les efforts de recherche en faveur d'un nucléaire sûr, et qui produise moins de déchets ».
  • Arlette Laguiller, porte-parole de Lutte ouvrière, estime ne pouvoir se prononcer, dans les circonstances actuelles, mais la formation dont elle est la représentante n'est pas a priori hostile à l'énerge nucléaire;
  • Gérard Schivardi, candidat « sans étiquette » soutenu par le Parti des travailleurs, n'a pas révélé jusqu'ici sa position sur l'EPR.
Notes

Sources

Sources francophones