Les émeutes au Tibet auraient fait jusqu'à cent morts

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Le drapeau tibétain.

15 mars 2008. – Alors que la télévision chinoise montre pour la première fois des scènes d'émeutes à Lhassa et parle de dix morts, le gouvernement tibétain en exil avance, pour sa part, le chiffre de 100 personnes tuées lors des affrontements de vendredi avec l'armée chinoise à la suite des commémorations par les moines bouddhistes du 49e anniversaire du soulèvement de Lhassa qui avait abouti à l'exil du dalaï-lama.

Les autorités chinoises ont en effet annoncé, au travers de l'agence de presse Chine nouvelle, que « dix civils innocents » avaient été brûlés dans les incendies qui ont accompagné les nombreuses manifestations. La même source annonce également que cinq manifestants ont été tués par balles par l'armée. Parallèlement, Qiangba Puncog, le président du gouvernement régional autonome du Tibet, a déclaré à la presse que les autorités tibétaines n'avaient « pas tiré un seul coup de feu » et que le calme était revenu sans que la loi martiale ne soit entrée en vigueur dans Lhassa.

Dans le même temps, les autorités annoncent que les manifestants pourraient bénéficier de « clémence » s'ils se rendaient d'ici lundi minuit. Au vu des images diffusées par la télévision d'État CCTV, les autorités pourraient préparer une vague de répression ainsi qu'une campagne de condamnation publique des émeutes, accusant le dalaï-lama « et sa clique » d'être l'instigateur des émeutes.

Du côté des ONG et du gouvernement tibétain en exil en Inde, le discours est différent. L'organisatinon International Campaign for Tibet mentionne la possibilité de dizaines de Tibétains tués et de centaines d'étudiants de l'université de Lhassa arrêtés pour être interrogés et torturés. Selon des « informations non confirmées », la loi martiale a été instaurée dans la ville où plus de 100 personnes ont été tuées. Quelque soit le bilan, il s'agit des plus graves affrontements au Tibet depuis 1989.

Si le calme semble être revenu samedi dans la ville de Lhassa quadrillée par l'armée par les tanks et les véhicules militaires, les tours-opérateurs chinois ont annoncé que les permis permettant aux touristes étrangers d'accéder au Tibet ne sont plus délivrés en Chine

Plusieurs pays, parmi lesquels les États-Unis d'Amérique, l'Australie et l'Union européenne ont fait part de leur inquiétude et appelé le gouvernement à la « retenue » dans la gestion de la crise. Par contre, la plupart des pays asiatiques n'ont pas voulu communiquer sur ce sujet.

Sources