Le « numéro trois » du LTTE meurt dans une attaque aérienne

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2 novembre 2007. – Le responsable de l'aile politique et « numéro trois » des rebelles tamouls des Tigres de libération de l'Eelam tamoul (LTTE), le brigadier S. P. Thamilchelvan a perdu la vie à l'aube du 2 novembre dans une attaque des forces aériennes sri lankaises.

Le LTTE a conféré le plus haut grade, celui de brigadier, à celui qui dirigeait les orientations politiques du groupe. Sa mort pourrait marquer un tournant dans le conflit qui oppose depuis 1983 le gouvernement sri lankais au LTTE qui lutte pour l'indépendance – ou au moins une large autonomie – du nord et de l'est de l'île.

En effet, S. P. Thamilchelvan, qui a rejoint les rangs du groupe rebelle pratiquement dès le début des hostilités, a progressivement gravi les échelons de la hiérarchie jusqu'à occuper son poste actuel. Il a aussi participé aux négociations de paix organiséees à Genève et sous l'égide de la Norvège, et était le « visage » du LTTE depuis plusieurs années, le chef suprême Vellupillai Prabhakaran et le responsable de l'aile militaire vivant dans la semi-clandestinité. L'année dernière, le LTTE avait déjà perdu sa personnalité publique, l'idéologue et porte-parole Anton Balasingham mort de maladie à Londres où il s'était exilé.

La mort de Thamilchelvan a été annoncée d'abord sur le site internet pro-LTTE TamilNet, et confirmée peu après par le porte-parole de l'armée gouvernementale. Les observateurs et la population attendent désormais de voir comment le LTTE va réagir à ces pertes ; de premières informations, en fin de journée, indiquaient que l'aile politique serait confiée à l'actuel chef de la police du LTTE, P. Nadesan.

Le raid aérien du 2 novembre visait une résidence où se trouvaient plusieurs hauts responsables politiques du LTTE, à Kilinochchi (au cœur de la région du Vanni contrôlée par les rebelles). Cinq autres cadres politiques (un lieutenant-colonel, un major, un capitaine et deux lieutenants) du LTTE ont également péri dans l'attaque, qui s'est produite une semaine après l'offensive rebelle contre une base militaire à Anuradhapura au cours de laquelle 14 soldats avaient péri et plusieurs avions avaient été détruits.

En 24 ans de violence armée, le conflit a fait plus de 70 000 victimes et d'innombrables pertes matérielles, économiques et sociales.

Sources