Japon : pendaison de quatre criminels de droit commun

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25 décembre 2006. – Un porte-parole du ministère de la Justice du Japon a annoncé, ce lundi 25 décembre 2006, que quatre criminels de droit commun avaient été pendus, rompant un moratoire de fait [1] qui avait existé tant que le ministère avait été dirigé par Seiken Sugiura, nommé à ce poste le 31 octobre 2005 et resté en fonction jusqu'au 26 septembre 2006.

Le communiqué lu par le fonctionnaire du ministère de la Justice n'a pas révélé l'identité des quatre suppliciés, mais les médias japonais ont par ailleurs rendu publics les noms des quatre condamnés exécutés :

  • Yoshimitsu Akiyama, 77 ans, détenu à Tōkyō, condamné à mort en 1987 ;
  • Yoshio Fujinami, 75 ans, détenu à Tōkyō ;
  • Michio Fukuoka, 64 ans, détenu à Osaka, condamné pour le meurtre de trois personnes dont sa belle-sœur et son beau-père ;
  • Hiroaki Hidaka, 44 ans, détenu à Hiroshima, ancien chauffeur de taxi condamné pour le meurtre d'une petite fille et de trois femmes.

Selon un autre responsable du ministère de la Justice, au-delà des quatre exécutions, il y aurait au Japon 93 condamnés « dans le couloir de la mort » parmi lesquels, selon Amnesty International, un homme âgé de 86 ans, Ishida Tomizo, dont la condamnation a été confirmée en 2004, treize ans après avoir interjeté appel d'une précédente condamnation. Parmi les condamnés à mort ayant une certaine notoriété, on note Shōkō Asahara, fondateur et « gourou » de la secte Aum Shinrikyo, jugé responsable de divers attentats mortels dont, le 20 mars 1995, l'attentat au gaz sarin dans le métro de Tōkyō, qui avait causé la mort de 12 personnes et fait 5 500 blessés.

Durant les onze mois d'exercice de ses fonctions, le précédent ministre de la Justice, M. Sugiura, s'est prévalu de ses convictions bouddhistes pour refuser de signer les ordres d'exécutions de condamnés à mort. Il avait publié un premier communiqué, le jour de sa nomination, indiquant que, « du point de vue de la théorie des civilisations, [il croyait] que la tendance générale d'une perspective à long terme serait de se diriger vers l'abolition [de la peine de mort] ». Le ministre avait toutefois dû publier, quelques heures plus tard, un rectificatif indiquant que le communiqué précédent représentait « ses sentiments individuels et que le commentaire était sans lien avec ses devoirs et responsabilités de ministre de la Justice » [2] censé appliquer la loi.

Jusqu'en 1998, le gouvernement japonais n'annonçait pas les exécutions capitales, et Amnesty International s'élève notamment contre le fait que l'identité des suppliciés ne soit rendue publique que si le condamné ou sa famille fait en sorte que les médias en soient informés. Le ministère de la Justice justifie pour sa part ce secret par la nécessité de « protéger les familles de la honte ». Amnesty International dénonce en outre le fait que, selon elle, les condamnés ne seraient pas informés à l'avance de leur exécution, rendant impossible l'information préalable de leurs proches.

Avec les États-Unis (où la peine de mort est appliquée dans 32 États sur 50), le Japon est un des rares grands pays industrialisés à continuer à pratiquer des exécutions capitales.

La perspective d'une abolition de la peine de mort au Japon, malgré les campagnes visant à sa disparition, paraît peu probable dans la conjoncture actuelle, un sondage réalisé en 2004 ayant montré que 80 % des Japonais seraient favorables à ce châtiment et seulement 6 % qui y seraient opposés.

Dans ce contexte, Jinen Nagase, successeur de M. Sugiura au ministère de la Justice, avait laissé entendre que, après le changement de titulaire du portefeuille ministériel, les exécutions capitales pourraient reprendre, et on prêtait au gouvernement l'intention de reprendre celles-ci le plus tôt possible. Toutefois, le fait que celles-ci soient survenues le jour de Noël ne doit revêtir aucune signification particulière, la fête de Noël n'ayant de signification que pour les chrétiens et aucune dans un pays à majorité shintoïste comme le Japon.

Notes

Sources

Sources anglophones
Source francophone