Iran : le gouvernement réprime les manifestations de l'opposition

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Localisation de l'Iran

30 décembre 2009. – Accentuant ses efforts pour réprimer les manifestations de l'opposition, le gouvernement iranien a arrêté des dizaines de journalistes, dirigeants politiques, étudiants et enseignants. Parallèlement, il a intensifié sa campagne médiatique pour discréditer les manifestants anti-gouvernementaux, qui ont eu des accrochages avec les forces de sécurité dimanche.

Certaines des images de manifestants à travers le pays ont été montrées par la télévision iranienne dans le cadre de cette campagne médiatique, qui inclut des propos durs à l'encontre de l'Occident, mais aussi de nouvelles arrestations d'opposants. Parmi ceux-ci, on signale Nooshin Ebadi, la sœur du prix Nobel de la paix Shirin Ebadi[1], ainsi que les journalistes Mohammed Javad Saberi, Badrosadat Mofidi, Nsrin Vaziri, Masha'allah Wa'essin et Keyvan Mehregan.

Le président du Parlement, Ali Larijani, a vivement critiqué les partisans de l'opposition, les qualifiant de « blasphémateurs » et de « contre-révolutionnaires ». « Le Parlement a demandé au gouvernement, y compris le ministère de l'Intérieur, celui des services secrets et le système judiciaire, d'arrêter les « blasphémateurs » [en question], et d'envisager des sentences sans complaisance contre ces gens qui s'opposent à la révolution islamique », a-t-il dit.

M. Larijani a également laissé entendre que les récentes manifestations anti-gouvernementales de l'Achoura avaient été fomentées par les États-Unis et leurs alliés occidentaux. Il a fustigé la déclaration faite lundi par le président américain Barack Obama, qui a dénoncé « la répression violente et injuste de citoyens iraniens innocents ». Pour le président du Parlement, M. Obama devrait « se préoccuper des violations des droits de l'Homme par les forces américaines à Guantánamo, en Afghanistan et en Irak ».

Par ailleurs, Ali Larijani s'est opposé à la proposition du sénateur américain John Kerry, président de la commission des affaires étrangères du Sénat, qui veut visiter l'Iran : « le sénateur Kerry a envoyé une requête écrite pour visiter l'Iran il y a quelques temps. Mais ne serait-il pas mieux de mettre plutôt un terme à la « politique des deux poids, deux mesures » adoptée [selon lui] contre l'Iran ? », a-t-il déclaré.

D'après VOA News, le Parlement iranien semblait à moitié-vide pendant le discours de son président. Mais les partisans considérés comme « purs et durs » du gouvernement, présents dans la salle, ont scandé des slogans tels « Mort à l'Amérique » ou « Mort à Israël », et organisé sur place une marche de protestation contre l'Occident.

Mohammed Karamirad, membre de la commission de la sécurité nationale, a demandé à la Justice iranienne de « « couper la main » de ceux qui sont derrière ces « actes séditieux » et défient les bases-mêmes du système ».

Le ministre des Affaires étrangères, Manouchehr Mottaki, a spécifiquement accusé l'Occident, la Grande-Bretagne en particulier, d'être l'instigateur des manifestations anti-gouvernementales « inacceptables dans n'importe quel autre pays ». Pour lui, « les déclarations déplorables des Occidentaux ne font que prouver leur duplicité ».

Notes

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