France Télécom : un salarié se suicide sur son lieu de travail

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22 février 2008. – Après La Poste, c'est France Télécom qui se retrouve sous les feux de l'actualité : un de ses salarié s'est suicidé par pendaison sur son lieu de travail. Le drame s'est produit au central téléphonique d'Amboise où le malheureux s'est donné la mort. Il était âgé de 52 ans.

Le syndicat départemental SUD-PTT a indiqué que « ce n'est jamais anodin, un suicide sur le lieu de son travail. On ne peut pas dire que les conditions de travail dans l'entreprise ne poussent pas les salariés à des situations extrêmes (…) il y a une vraie souffrance de la part des salariés. Les médecins du travail ont tiré le signal d'alarme à plusieurs reprises ». Le syndicat a ajouté qu'une cellule psychologique a été mise en place. Le CHSCT[1] a été prévu pour jeudi dernier.

« Tous est plus dur », selon Laurence Parisot

Interrogée sur ce sujet sur RMC et BFM-TV, Laurence Parisot, présidente du MEDEF a estimé que « Ce n'est pas facile à dire, mais même si ça [le suicide] se passe sur le lieu de travail, ce n'est pas toujours lié à des facteurs liés au travail. (…) Néanmoins, je considère que dans notre pays les relations dans le travail se sont hypertendues ces 15 dernières années (…) Je pense que c'est très lié au climat général qu'il y a dans notre pays parce que tout est plus dur. C'est plus dur pour l'entreprise de dégager des marges. Je vous rappelle que les entreprises françaises ont en moyenne 10 points de marge de moins que les entreprises allemandes. Tout est plus dur. »

« France Télécom a servi de laboratoire »

La position adoptée par Laurence Parisot semble battue en brêche par Dominique Decèze, auteur d'un ouvrage sur France Télécom intitulé « La Machine à broyer ». En 2004, il avait répondu aux questions de Témoignages. Il avait indiqué que « plusieurs études ont établi un lien scientifique entre les restructurations et la souffrance physique et psychique des employés (…) De nouvelles méthodes de gestion ont été brutalement introduites : recherche de la performance, compétition entre salariés, conquête des clients. (…) La direction a systématiquement cherché à détruire tout collectif de travail qui pouvait faire obstacle à la montée de l’individualisme. ». Plusieurs exemples ont été cités à ce sujet : « Des personnes sans affectation parce qu’on leur refusait toujours des postes, un cadre muté six fois de suite en cinq ans sans raison, des couples séparés par mutation professionnelle… On a vu des services déménager à répétition dans un département, contraignant les employés à suivre. ». Selon l'intéressé « France Télécom a servi de laboratoire à la première grande remise en cause de la fonction publique. Cela préfigure ce qui risque d’arriver à La Poste ou à EDF-GDF. La direction avait parfaitement conscience de ce qui se passait. Elle estimait que c’était le prix à payer. Il y a 6.000 départs par an à France Télécom ; se débarrasser des fonctionnaires par tous les moyens est une priorité ».

Notes

Voir aussi

Sources