France : un prérapport pointe du doigt les élus et les promoteurs vendéens après le passage de la tempête Xynthia

Une nouvelle de Wikinews, la source d'informations que vous pouvez écrire.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Localisation de la Vendée

1er avril 2010. – Le président de la République française, Nicolas Sarkozy, aurait reçu un prérapport accablant établi après la catastrophe due à la tempête Xynthia. Celle-ci, conjuguée avec les fortes marées d'équinoxe, a été dévastatrice en raison de la surcote amplifiant les inondations du littoral. Cinquante-trois personnes ont péri sur le littoral atlantique. La commune de La Faute-sur-Mer a été sinistrée dans des proportions considérables.

Selon Le Canard enchaîné, la version définitive de ce rapport pourrait « atterrir directement sur le bureau d'un juge » en raison des graves carences relevées. Ainsi, relève-t-on un courrier daté du 8 octobre 2001 du M. Dominique Caillaud, député UMP de la Vendée, que publie l'hebdomadaire satirique. L'élu intervenait auprès du préfet du département afin d'éviter la fermeture du camping municipal installé illégalement sur le territoire de la commune de La Faute-sur-Mer. D'après le document publié par Le Canard enchaîné, l'élu écrit : « il semblerait qu'aucun incident de ce type ne se soit jamais produit et que ce risque soit nul », et de demander le retrait de la décision de fermeture de ce camping. Ce dernier a été dévasté lors du passage de Xynthia.

D'autres interventions de ce type ont été relevées, poursuit Le Canard, notamment celle de l'Association des élus du littoral, demandant à la sous-préfète des Sables d'Olonne « d'étendre son activité touristique sur le domaine public maritime » et d'ajouter : « Actuellement, le camping de La Faute-sur-Mer se trouve parfaitement protégé de toute menace de submersion maritime ».

Quant au lotissement les Doris, sis à La Faute-sur-Mer, il était situé en contrebas de la digue. Par délibération du 11 juillet 1996, le conseil municipal avait donné son accord pour construire dans cette zone. Le maire avait signé l'autorisation le 1er octobre 1999. La gestion de ce lotissement a été confié à une association foncière urbaine. Or, l'un de ses membres était première adjointe au maire, chargée de l'urbanisme. Cette dernière avait accordé des permis de bâtir dans ce lotissement. Elle aurait, en outre, distribué « généreusement des permis à d'heureux propriétaire du lotissement voisin, Les Voiliers », dont son fils, promoteur immobiliser « y possédait tous les terrains », note l'hebdomadaire.

Chose plus grave, selon l'illustre volatile, depuis 2001, la commune en question et celle de l'Aiguillon-sur-Mer auraient multiplié les procédures pour retarder, voire éviter l'adoption du plan de prévention du risque d'inondation. En 2007, l'État aurait tenté de forcer l'adoption de ce plan. Or, ce dernier classait en zone rouge plusieurs parties du territoire, « donc inconstructible ou à démolir ». Par la suite, le préfet de la Vendée a refusé l'extension du camping municipal en raison des risques importants de rupture de la digue. Ces décisions ont été contestées par les élus locaux. L'année suivante, la DDE[1] confirme les craintes du préfet : « La rupture des digues sur ce secteur engendrerait des dégâts majeurs aux biens et aux personnes ».

Notes

Source

  • ((fr)) – Didier Hassoux« Avant la tempête, une inondation de permis de construire ». Le Canard enchaîné, page 3n° 466631 mars 2010.