Drame familial à Marseille : trois infanticides

Une nouvelle de Wikinews, la source d'informations que vous pouvez écrire.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

24 octobre 2005. – Selon une source judiciaire, après avoir été interpellé et placé en garde à vue le jeudi 20 octobre 2005 dernier à la suite de la découverte du corps de leur nouveau-né, un couple (Jean-Paul, 36 ans et Marie-Hélène, 26 ans) a été écroué samedi soir après avoir été mis en examen pour assassinat par empoisonnement et homicide volontaire, à la suite de la découverte cette semaine à Marseille des cadavres de leur bébé et des deux enfants (une fille de 8 ans et un garçon de 7 ans) issus d'une précédente union de l'épouse.

La police, venue procéder à l'expulsion du couple après plusieurs loyers impayés, a découvert le corps du nouveau-né sur la terrasse de leur appartement marseillais (pas de date exacte de naissance ni de décès). L'état de décomposition avancée ne permet pas encore de connaître les causes de sa mort. Rien ne permet de dire si l'enfant est mort-né ou s'il était viable.

L'homme, qui est supposé être le père, aurait voulu liquider la famille avant de se suicider en raison de ses difficultés matérielles. D'après le procureur de la République, il aurait initialement fait des déclarations «ubuesques, décalées et sans grande cohérence», puis il aurait fini par reconnaître avoir administré une «mixture médicamenteuse» aux deux enfants. Vendredi, sur les indications du beau-père, les corps des deux autres enfants ont été retrouvés dans une voiture à l'intérieur d'un garage, à Marseille. Le décès remonterait à plusieurs semaines. Compte tenu de l'état de décomposition avancée des corps, l'autopsie est suspendue aux analyses toxicologiques en cours dont les résultats seront connus dans plusieurs semaines.

Les enquêteurs n'ont pas encore établi le rôle exact joué dans ce dossier par la mère qui est apparue «sans émotion», «comme prostrée». Elle se serait décrite comme «soumise» et aurait dit avoir cru que son mari était un chef d'entreprise. Le fait qu'elle n'ait pas rapporté la disparition de ses enfants ne serait pas suffisant pour requérir contre elle le chef d'homicide volontaire ou d'empoisonnement mais elle a été mise en examen pour «recel de cadavres» et laissée en liberté sous contrôle judiciaire.

Le couple avait quitté l'appartement deux semaines plus tôt pour un hôtel de Salon-de-Provence. L'homme serait un petit escroc dépassé, empruntant de l'argent à ses connaissances. La famille recomposée vivait dans un quartier tranquille du centre-ville.

Le père biologique des deux ainés aurait déposé une plainte pour non présentation d'enfants. L'attitude particulière des parents aurait été remarquée dans l'entourage de l'école des enfants. Ce drame rouvre encore une fois toutes les questions sur la situation réelle des enfants dans les familles dites recomposées.

Sources