Dmitri Medvedev élu président de la Russie

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3 mars 2008. – L'élection de dimanche dernier a vu l'accession sans surprise au pouvoir de Dmitri Medvedev, le dauphin désigné par Vladimir Poutine. Sur près de 99,5 % des bulletins dépouillés, il serait crédité de 70,23 % des voix, pour un taux de participation de 69,65 %. Sauf surprise de dernière minute, le président sortant deviendra Premier ministre.

Le nouveau président élu a notamment déclaré « Nous avons confiance l'un en l'autre, c'est probablement le plus important ». Il a ajouté : « Nous allons mener une politique internationale indépendante, celle-là même que nous avons menée ces huit dernières années, avec l'objectif principal de protéger nos intérêts nationaux sur tous les fronts par tous les moyens possibles, tout en restant bien sûr dans le domaine légal (…) Nous avons toutes les chances de préserver la politique de Poutine. Nous allons aller de l'avant et ensemble nous gagnerons ! »

Dans l'opposition

L'opposition a dénoncé ce scrutin comme une « mascarade ». Selon les propos relevés par l'agence Itar-Tass, Guennadi Ziouganov, candidat communiste, a annoncé : « Nous sommes en possession de preuves de falsification des élections et nous irons en justice ». De son côté, l'ancien Premier ministre Mikhaïl Kassianov, a dénoncé « une opération du KGB destinée à transférer le pouvoir d'une personne à une autre ».

Le vice-président du parti Iabloko, Sergueï Ivanenko a fustigé « un simulacre d'élection: il ne s'agit que de la nomination d'un successeur. Mais l'histoire de la Russie fournit des exemples où des personnes ainsi nommées se sont comportées différemment de ce qu'on pouvait attendre: je pense à Mikhaïl Gorbatchev, ou encore à Catherine II. Certes, ce ne sera qu'un simulacre d'élection, et le successeur sera nommé, mais il ne faut pas s'arracher les cheveux et crier que tout est perdu ».

Par ailleurs, le parti communiste russe a déposé près de 160 plaintes auprès de la commission électorale centrale de Russie sur les 324 reçues par cette dernière.

Les premières réactions internationales

Bernard Kouchner, ministre des affaires étrangères, a déclaré sur France Inter que « le scrutin s'est déroulé à la russe avec une victoire qui était annoncée et les deux hommes sur la Place rouge, c'était un spectacle assez édifiant de la nouvelle Russie (…) Même si je sais qu'il n'y avait pas de vraie compétition dans cette élection, je crois qu'il est incontestable que la Russie vote très majoritairement et avec des chiffres très étonnants, pas encore staliniens mais 70% c'est pas mal. Je ne peux que constater cela ».

Aux États-Unis, les deux candidats à l'investiture démocrate pour les élections présidentielles américaines, Barak Obama et Hillary Clinton, ont manifesté certaines réserves face à ce scrutin. Selon l'agence RIA Novosti, cette dernière aurait estimé que « l'élection présidentielle russe, lors de laquelle l'installation au pouvoir de Dmitri Medvedev en tant que successeur personnellement désigné par Vladimir Poutine n'a jamais fait l'ombre d'un doute, est une grande date du recul de la démocratie dans ce pays » tout en se déclarant prête à travailler avec le successeur de Poutine.

Sources