Congrès de « refondation » du FPÖ après le départ de Jörg Haider

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23 avril 2005. – Deux semaines après le départ de Jörg Haider et d'une fraction notable des dirigeants et cadres du Freiheitliche Partei Österreich (FPÖ) partis fonder le nouveau parti Bündnis Zukunft Österreich (BZÖ, « Alliance pour l'avenir de l'Autriche »), la fraction subsistante du parti a tenu son congrès à Salzbourg, en présence de 431 délégués.

Heinz-Christian Strache, âgé de 35 ans, qui était jusqu'à présent chef du parti pour la ville de Vienne, a été élu président du parti par 90,10 % des suffrages exprimés.

Porté quelques instants en triomphe après son élection par plusieurs de ses partisans, M. Strache a dans la foulée prononcé une sorte de discours-programme, à forte connotation anti-européenne et réglant immédiatement quelques comptes avec la fraction scissionniste du parti.

Il a ainsi qualifié M. Haider de « Michael Jackson de la politique intérieure, qui a tellement changé que ses proches ne le reconnaissent plus », l'accusant en outre d'avoir « vendu son âme ». Il s'est par ailleurs implicitement félicité de la clarification politique née de la scission, estimant par exemple que « le vieux FPÖ » était parti tandis que « le vrai » était resté.

Une part importante du discours de M. Strache a aussi été consacrée à l'opposition de plus en plus vive de son parti à la politique pro-européenne de la coalition gouvernementale et à la perspective d'une adhésion de la Turquie à l'Union européenne. Il a ainsi fustigé le revirement spectaculaire de M. Haider sur ce dernier sujet, estimant pour sa part que « la Turquie n'a rien à voir en Europe », et demandé avec insistance aux 13 députés précédemment élus sous l'étiquette FPÖ de ne voter que les projets de loi « favorables à l'Autriche ».

Le FPÖ, qui disposait avant la scission de six ministres membres du gouvernement de Wolfgang Schüssel et de 13 députés, ne dispose plus que d'un député fidèle (7 étant passés au BZÖ et 5 restant encore dans l'expectative) et d'aucun représentant au gouvernement, la stratégie du FPÖ maintenu s'orientant d'ailleurs vers un passage dans l'opposition.

Toutefois, en vertu des règles sur le financement public des partis politiques en Autriche, c'est le FPÖ qui continuera à percevoir la doation publique attribuée à son parti jusqu'à la fin de la législature, soit – au plus tard – jusqu'en novembre 2006, M. Haider et la fraction scissionniste ayant fondé le BZÖ ayant pour leur part obtenu des assurances formelles de financement privé de M. Stronach, milliardaire d'origine autrichienne établi au Canada.

Sources