Cambodge : Hun Sen soutient sans réserve le futur procès des dirigeants Khmers rouges

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Localisation du Cambodge
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Carte du Cambodge
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Drapeau du Cambodge
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6 janvier 2007. – S'exprimant à l'occasion d'un déplacement dans le district de Memot, dans la province de Kampong Cham, où il était venu inaugurer une école, le Premier ministre du Cambodge, Hun Sen, a apporté un soutien sans réserve au futur procès des dirigeants Khmers rouges, responsables du génocide perpétré par leur régime entre 1975 et 1979.

Il a notamment estimé que les Khmers rouges devaient « être traduits en justice, non seulement pour rendre justice aux victimes, mais aussi pour servir d'avertissement à tous les dirigeants, afin de ne pas répéter les terribles leçons de l'histoire cambodgienne ».

Cette mise au point de l'homme fort du régime cambodgien intervient après des années de délai qui ont vu les autorités cambodgiennes et l'ONU négocier durant six ans, de 1997 à 2003, avant de retenir le principe d'un tribunal chargé de juger les dirigeants d'un régime qui, selon les diverses estimations, aurait causé la mort de un à trois millions de personnes durant les quatre années de son existence, l'estimation la plus courante retenue dans la communauté internationale étant d'environ 1,7 million de morts.

Dans un communiqué publié le 5 décembre 2006, l'organisation Human Rights Watch avait estimé que le gouvernement cambodgien devait « cesser ses interférences dans le tribunal mixte cambodgien et international chargé de juger les leaders Khmers rouges de haut niveau » pour les crimes commis par le régime du « Kampuchea démocratique ».

HRW s'était élevée à cette occasion contre le fait que des négociations entre les juges cambodgiens et ceux désignées par les Nations unies ne soient pas parvenues à se mettre d'accord sur un règlement interne pour les Extraordinary Chambers in the Courts of Cambodia (ECCC, désignation officielle du tribunal chargé de juger les dirigeants Khmers rouges). L'organisation accusait ouvertement le gouvernement cambodgien de freiner délibérément l'adoption de règles de fonctionnement dans le but de gagner du temps, les dirigeants survivants du régime khmer rouge étant de plus en plus âgés.

L'organisation humanitaire concluait que, s'il se vérifiait qu'il y avait obstruction manifeste de la part des Cambodgiens, et si, comme elle le craignait par ailleurs, les droits à un procès équitable pour toutes les parties n'étaient pas respectés, l'ONU se devrait de retirer son soutien, afin de ne pas être impliquée dans une justice ne suivant pas les standards internationaux, afin de ne pas desservir la communauté internationale et les Cambodgiens eux-mêmes.

Un peu plus tard dans le courant du mois de décembre, le Premier ministre avait paru donner un certain crédit aux accusations de HRW, en évoquant avec insistance l'histoire qui aurait « pris fin » avec la reddition des derniers Khmers rouges dans les années 1990, et la nécessité d'une « réconciliation nationale ».

Il est probable que, dans un contexte où l'ouverture du procès était annoncée pour le mois de juin 2007, les actes de la partie cambodgienne composant l'ECCC seront scrutés à la loupe par Human Rights Watch et autres organisations intéressées, afin de voir si des progrès substantiels seront faits dans l'intervalle pour élaborer des règles de fonctionnement satisfaisantes.

Sources

Sources anglophones
Source francophone


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