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COVID-19 : au Cameroun le tourisme en berne

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Une vue de la plage de Kribi sans grande fréquentation à cause du Covid 19, le 13 mai 2020.

Le tourisme et l'hôtellerie sont durement touchés dans la cité balnéaire de Kribi à 285 kilomètres de Yaoundé au sud du Cameroun à cause de la pandémie de COVID-19. Les hôtels, les plages de cette principale ville touristique du pays connaissent une baisse du niveau de fréquentation.

14 mai 2020. – Le spectacle des vagues aux bords des hôtels de Kribi n'a pas changé, mais la vie ne suit plus son cours normal en ces lieux depuis la survenue des premiers cas du COVID-19 au Cameroun. « On passe la journée à observer la mer, on s’attend à un client, voire deux, mais ils ont encore peur de venir manger ou boire. Le week-end, quelques personnes viennent quand même profiter de la mer », confie à VOA Afrique le réceptionniste d'un hôtel trois étoiles.

Tourisme en berne

La ville touristique connaît une baisse de fréquentation record des visiteurs. Les jours ouvrables tout comme les week-end semblent pareils. Kribi avant la COVID-19 abritait de grandes rencontres : des séminaires de formation, des colloques, des ateliers. Les hôtels faisaient le plein à l'occasion, augmentant par la même occasion l'affluence sur les plages. À cela s'ajoutaient de nombreux touristes.

Depuis le 18 mars dernier, le pays a fermé ses frontières et interdit les regroupements de plus de 50 personnes. « Nous ne pouvons pas vendre des nuitées, faire des locations de voitures, on ne peut même pas organiser de grandes rencontres, nous avons mis le personnel au chômage technique, on n'avait pas d'alternative », explique Julienne Kammogne, directrice-générale d'une agence de voyages dont la ville de Kribi était l'un des marchés florissants.

Des restrictions qui ont fait plonger le chiffre d'affaires. Une vingtaine d'hôtels et plusieurs restaurants ont fermé faute de clients, avant de rouvrir il y a deux semaines environ. La plupart ont opté pour des prix promotionnels qui n'attirent toujours pas grand monde dans cette station balnéaire.

La situation est similaire au débarcadère. « Les clients viennent au compte-goutte. Ils se lavent d'abord les mains, on leur demande de mettre leur cache-nez, mais nos recettes ont considérablement chuté », affirme Carine Edjidjè, vendeuse de poisson.

Profession compromise

Le syndicat patronal des industries du tourisme et de l'hôtellerie ne cache plus son inquiétude sur l'impact de la COVID-19 dans ce secteur d'activité.

« Avec la COVID-19, on est à un niveau de sinistre que nous n'avons jamais imaginé dans notre profession, qui risque d'être compromise et disparaître à plusieurs endroits », s'alarme Emile Engoulou, syndicaliste de ce secteur. « Des activités comme les nôtres sont très coûteuses à l'investissement, sur lequel on a des crédits. Je crains que nous ne soyons le corps de métier le plus sinistré », constate-t-il.

Le 30 avril dernier, le président camerounais Paul Biya a décidé de l'exonération de la taxe de séjour dans le secteur de l'hôtellerie et de la restauration pour le reste de l'année. Par ailleurs, le Cameroun va, à compter du 15 juin, accueillir à nouveau sur son territoire des vols commerciaux de la compagnie Air France.

Cette décision est critiquée par de nombreux Camerounais, qui redoutent une augmentation des cas de contamination à la COVID-19 en provenance de France. Pour le Groupement inter-patronal du Cameroun (Gicam), ces mesures pourraient ne pas suffire, et il exhorte le gouvernement « à aller plus loin et plus vite dans la mise en place de mesures complémentaires propres à restaurer la santé des entreprises ».

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