Benoît XVI annonce l'ouverture du procès en béatification de Jean-Paul II

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13 mai 2005. – Le nouveau pape Benoît XVI a causé une certaine sensation en annonçant, vendredi 13 mai 2005, lors d'une audience avec des prêtres en la basilique Saint-Jean-de-Latran, que le procès en béatification puis, s'il y a lieu, en canonisation, de son prédécesseur Jean-Paul II, mort le 2 avril dernier, pourrait débuter prochainement.

Le jour même, le bureau de presse du Vatican rendait public, dans son bulletin quotidien, un rescrit signé le 9 mai dernier, qui accorde la dispense du délai de cinq années nécessaire avant l'examen de la cause en béatification et canonisation de Jean-Paul II. Selon les termes du rescrit, la demande en avait été faite le 28 avril par le cardinal Camillo Ruini, vicaire général pour le diocèse de Rome.

Il y a un précédent d'affranchissement de cette règle des cinq ans : Jean-Paul II avait lui-même lancé, en 1998, quatorze mois après la mort de Mère Teresa, survenue le 5 septembre 1997, le procès qui devait aboutir à sa béatification le 19 octobre 2003.

Toutefois, les procédures complexes de la Congrégation pour les causes des saints font que le procès en béatification puis en canonisation peuvent durer de nombreuses années. Si, au cours du Moyen Âge, on a pu voir des canonisations très rapides (comme celles de Pierre de Véone, un an après sa mort, ou encore Thomas Becket, trois ans après son martyre), certaines causes récentes ont été longues à instruire. Par exemple celle de Josemaría Escrivá de Balaguer, mort le 26 juin 1975, dont la cause, si elle fut introduite par décret du 19 février 1981, soit moins de six ans après sa mort, n'aboutit à la béatification que le 17 mai 1992 puis à la canonisation le 6 octobre 2002, soit respectivement 11 et 21 ans après son introduction.

Le dernier pape à avoir été béatifié puis canonisé est Pie X, mort en 1914 et canonisé en 1954.

Nombre d'observateurs ont mis en relation la décision rapide du souverain pontife avec les clameurs « Santo Subito » entendues le vendredi 8 avril dernier sur la place Saint-Pierre, lors des funérailles de Jean-Paul II, de même que les banderoles portant le même message. Certaines voix s'étaient élevées jusqu'au sein de l'Église catholique pour y voir une manœuvre concertée, sans préciser d'où pouvait venir la « manœuvre ». Benoît XVI, s'il a probablement écouté ces réticences, semble toutefois avoir choisi seul, après avoir, selon les termes du cardinal Joseph Cottier, « médité » sur la question.

Une partie de la presse souligne par ailleurs la volonté manifeste de Benoît XVI d'annoncer cette décision, tenue secrète jusque-là, le jour du 24e anniversaire de l'attentat qui, le 13 mai 1981, faillit coûter la vie à son prédécesseur sur la place Saint-Pierre de Rome et, par ailleurs, jour anniversaire de l'apparition de la Vierge, le 13 mai 1917 devant trois enfants portugais, apparition dont le défunt souverain pontife pensait qu'il devait sa survie, en raison de sa dévotion personnelle. De même, certains observateurs font remarquer que l'annonce, le même jour, de la nomination du nouveau préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi ne serait pas un effet du hasard.

Sources