Alstom est accusé de corruption sur différents contrats

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Un train construit par Alstom.

7 mai 2008. – Le groupe industriel français Alstom est accusé d'avoir versé, entre 1995 et 2003, « plusieurs centaines de millions de dollars » de pots-de-vin pour obtenir des contrats en Asie et en Amérique du Sud. La police française a procédé à des perquisitions dans les locaux du groupe dans le cadre d'une information judiciaire pour « corruption active d'agents publics étrangers » et « abus de bien social et recel », menée conjointement entre la France et la Suisse .

En mai 2007, des responsables de la police suisse ont transmis à leurs homologues français des documents montrant différents mouvements de fonds vers des "sociétés écrans" du groupe via une petite banque zurichoise. De plus, la police brésilienne a fait état de versements de responsables d'Alstom pour un total de 6,8 millions de dollars dans le but d'obtenir le contrat d'extension du métro de Sao Paulo, estimé à 45 millions de dollars, selon le New York Times. D'autres versements pour un total de 200 millions de dollars sont également concernés pour différents projets au Brésil, au Venezuela, à Singapour et en Indonésie. L'année passé déjà, deux anciens cadres d'Alstom ont reconnu avoir effectué des versements pour le compte du groupe.

Le groupe s'est défendu mardi dans un communiqué qui précise : « Alstom n'est visé par aucune procédure judiciaire. Des cadres ont été entendus en tant que simples témoins dans le cadre d'une commission rogatoire ». De fait, actuellement, Alstom n'est pas nommément visé par la procédure et aucune mise en examen n'a été prononcée par les juges français. Toujours selon le groupe, l'article du New-York Times « repose sur des hypothèses et des spéculations. Il mentionne en particulier des personnes qui n'ont jamais fait partie de l'entreprise ou ont quitté le groupe en 2001 ».

Cependant, le groupe KPMG, alors auditeur de d'Alstom, avait découvert, en 2004 déjà, plusieurs classeurs contenant des documents sur des transactions réalisées par une petite banque privée du canton de Zurich pour le compte d’Alstom et destinées à des comptes au Lichtenstein. Les fonds vont ensuite transiter sur plusieurs comptes, dans plusieurs pays avant que des cadres d'Alstom ne les récupèrent en cash au guichet de différentes banques. Toutes les transactions seront fidèlement retranscrites dans les documents saisis, mais uniquement à la main, pour éviter de garder des traces sur les ordinateurs des banques.

Sources