Allemagne : une salariée licenciée pour 1,30 €

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24 février 2009. – Une vendeuse de la chaîne de supermarchés Kaiser's a été licenciée pour faute lourde pour avoir détourné 1,30 €. L'objet du délit consistait en l'utilisation de deux bons d'achats de 48 et 82 centimes qu'un client avait oubliés à la caisse. L'intéressée travaillait depuis 1977 pour les magasins d'État HO (ex-RDA), lesquels ont été rachetés par Kaiser's après la chute du mur de Berlin. L'affaire prêterait à sourire si la justice n'était pas passée par là. Ayant saisi les tribunaux, la salariée a été déboutée en seconde instance par le tribunal du travail de Berlin-Brandebourg.

Selon la juridiction, « La propriété de l'employeur n'est pas à la disposition (des salariés) quel que soit le montant en cause et même en cas d'ancienneté importante ». Les magistrats ont estimé qu'une caissière doit être « absolument honnête même pour de petits montants ». Ils se sont notamment appuyés sur une disposition du droit allemand autorisant le « licenciement sur soupçon ». Ainsi, la présomption d'innocence ne peut donc s'appliquer en cas de « soupçon aigu » et de la perte de confiance qui en résulte, rappelle la juridiction.

La Confédération des syndicats allemands a immédiatement réagi dès la lecture de la décision en dénonçant un jugement tirant « au canon sur des moineaux », ainsi qu'une « justice de classe ». Selon le syndicat, « l'employeur avait un fort intérêt à punir ici quelqu'un qui s'était engagé comme syndicaliste ». Elle avait participé à un mouvement de grève en 2007 réclamant « de meilleures conditions de travail » avant son licenciement en janvier 2008. Selon l'AFP, cette affaire intervient « sur fond de flambée du chômage et de débat sur les bonus des banquiers ».

La chaîne Kaiser's assure de son côté qu'elle avait produit les relevés de caisse et les témoignages pour justifier un tel licenciement.

Un comité de soutien en faveur de la salariée a été créé. Plusieurs responsables politiques et syndicaux se sont positionnés en sa faveur. Son avocat s'est indigné de la décision de justice puis a laissé entendre qu'il saisira le juge constitutionnel allemand, voire la Cour Européenne des Droits de l'Homme. « Comment peut-on mettre à la porte quelqu'un du jour au lendemain après 31 ans, sur la base d'un soupçon », s'indigne-t-il.

Sources



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