États-Unis : Sarah Palin et Joseph Biden ont eu 90 minutes pour convaincre

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3 octobre 2008. – L’unique débat prévu entre les deux principaux candidats à la vice-présidence, la républicaine Sarah Palin, gouverneur de l’Alaska, et le sénateur du Delaware, le démocrate Joe Biden a eu lieu hier à Saint-Louis dans le Missouri. Les co-listiers de Barack Obama et John McCain avaient 90 minutes pour convaincre. À l’issue du débat, la plupart des commentateurs estimaient que les deux co-listiers avaient accompli leur mission.

Sarah Palin ici en 2007.
Joseph Biden ici en 2003.

Sarah Palin était particulièrement attendue dans cet exercice, après l’émergence de doutes dans la presse américaine sur sa capacité à diriger sur le plan national. Ses premières interviews à la télévision avaient suscité des questions concernant sa maîtrise les grands dossiers et son aptitude à être une vice-présidente fiable. Pour Kenneth Weinstein, directeur général du Hudson Institute de Washington, la réponse à ces questions, après le débat d’hier, est incontestablement « oui » .

Étant donné que les attentes étaient, en général, limitées concernant Sarah Palin, la candidate républicaine à la vice-présidence s’en est plutôt bien tirée, estime Marie Danzinger professeur de sciences politiques à l’université Harvard, à Boston. Toutefois, Mme Danzinger et M. Weinstein conviennent que cette bonne nouvelle n’apportera pas grand-chose à la campagne du républicain John McCain. Le fait de la crise financière intervienne sous un gouvernement républicain poussent les électeurs à opter pour le candidat du parti démocrate, font-ils remarquer.

Pour ce qui est de la politique étrangère, le sénateur Biden, par ailleurs président de la Commission des Affaires étrangères du Sénat, a montré une nette maîtrise des dossiers de politique étrangère comparé à sa rivale républicaine Sarah Palin, affirme pour sa part Donald Cuccioletta de l’Observatoire des États-Unis à l’université du Québec à Montréal.

Comme lors du débat entre Barack Obama et John McCain, les candidats à la vice-présidence ont eu à répondre aux questions pressantes qui ont émergé après la débâcle financière de Wall Street et tandis que le Congrès examine toujours le plan de sauvetage de l’économie de 700 milliards de dollars. Joe Biden a mis en cause la dérégulation des marchés et a insisté sur la nécessité de baisser les impôts pour les classes moyennes.

De son côté, Sarah Palin a réfuté les attaques de son adversaire concernant une politique fiscale qui bénéficierait aux entreprises et aux classes les plus riches et elle a condamné les pratiques excessives de Wall Street.

Il a aussi été question de défense de l’environnement et d’énergie, un dossier que connaît bien Sarah Palin. L’État qu’elle dirige, l’Alaska, est producteur de pétrole. Elle a plaidé en faveur de l’exploitation du pétrole américain, afin que les États-Unis puissent devenir indépendants des ressources énergétiques étrangères. Le sénateur Biden, lui, a insisté sur les bienfaits des énergies renouvelables et a accusé le sénateur McCain d’avoir voté à plusieurs reprises contre ces sources d’énergie alternative.

Dans la seconde partie du débat, Sarah Palin et Joe Biden ont eu à répondre à des questions de politique étrangère, et c’est sur ce terrain qu'ils ont montré le plus de divergences. À propos de l’Irak notamment, Barack Obama et Joe Biden ont appelé à un calendrier de retrait des troupes américaines à court terme. Ce à quoi la candidate républicaine à la vice-présidence a répondu : « Votre plan pour l'Irak revient à agiter un drapeau blanc de capitulation. Nos troupes n’ont pas besoin d’entendre cela aujourd hui. ».

La riposte de Joe Biden ne s’est pas fait attendre : « John McCain a voté contre (…) un plan de un milliard 600 millions de dollars pour du matériel de protection des troupes (…) ces mêmes troupes auxquelles appartiennent le fils de Mme Palin et le mien, et beaucoup d’autres fils et filles d’Américains. »

Les candidats ont également présenté leur plan pour l'Afghanistan, évoqué le soutien au Pakistan dans la lutte contre le terrorisme et ils ont été interrogés sur le dossier nucléaire iranien. Sarah Palin a insisté sur le risque que représente la menace nucléaire iranienne pour Israël. Joe Biden a de son côté rappelé que la question du nucléaire relève des ayatollahs et non du président iranien.

Enfin, l’Afrique a été présente dans ce débat, avec la question du conflit au Darfour. Les deux candidats ont prôné une action volontariste des États-Unis. « Je suis allé dans des camps au Tchad, j'ai vu la souffrance des gens (...). Nous devons rassembler les autres pays autour de nous et prendre la tête de ce mouvement. Il faut fournir des hélicoptères et aider les 21.000 soldats de l'Union Africaine à arriver sur place pour arrêter ce génocide », a dit Joe Biden.

La même détermination a transpiré dans la réponse de Sarah Palin : « Quand plusieurs législateurs et moi-même nous sommes rendus compte que nous avions un fond d'investissement avec plusieurs millions de dollars au Soudan, nous avons demandé l'adoption d'une loi afin d'enlever cette partie des fonds. Nous ne voulons pas cautionner ce qui se passe au Darfour. »

De l'avis des analystes, le débat s'est déroulé de manière rythmée et les deux candidats ont été convaincants dans leur présentation. La semaine prochaine, les candidats à la présidence prendront la relève pour leur deuxième face-à-face.

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