États-Unis : John McCain confirme sa candidature à l'élection présidentielle de 2008

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Portrait officiel de John McCain

1er mars 2007. – John McCain, sénateur de l'Arizona, a confirmé, mercredi 28 février, son intention de sollicier l'investiture du Parti républicain pour l'élection présidentielle, qui se tiendra le 4 novembre 2008 aux États-Unis.

Le sénateur a choisi de s'exprimer dans le cadre de l'émission Late Show with David Letterman, diffusée sur le réseau de télévision CBS. Dès le début de son entretien avec l'animateur, M. McCain a simplement déclaré : « J'annonce que je serai candidat à la présidence des États-Unis. ». Son interlocuteur a alors marqué une certaine surprise, probablement due non pas au contenu de l'information révélée – la candidature du sénateur n'est un secret pour personne – mais peut-être au choix fait par M. McCain de faire cette annonce au cours d'un talk show, ce qui est pour le moins inhabituel dans le contexte politique américain, même si le sénateur est connu pour son franc-parler et une certaine indépendance d'esprit qui l'a parfois conduit, sur certains sujets, à rejoindre les démocrates dans certains votes au Sénat.

M. McCain a indiqué ultérieurement qu'il ne ferait son annonce officielle de candidature qu'au mois d'avril, au retour d'un voyage d'étude en Irak.

Comme le souligne Adam Nagourney dans les colonnes du New York Times, le sénateur est déjà entré implicitement dans la course depuis deux ans, et la création d'un « comité exploratoire », en novembre dernier, en a été un des signes, de même que la mise sur pied d'une équipe de campagne.

Le choix de cette annonce, sur le plateau d'une émission de divertissement, peut surprendre à première vue. Mais il peut être vu comme une manière d'occuper le terrain, dans un contexte de sondages qui ne lui sont pas très favorables. Le Washington Post et ABC News viennent ainsi de publier un sondage d'opinion, réalisé du 22 au 25 février, qui tend à montrer que, parmi les électeurs républicains, la sénateur McCain bénéficierait du soutien de 21 % des personnes interrogées, contre 44 % pour Rudolph Giuliani, ancien maire de New York.

Plus tôt dans la journée, le sénateur McCain avait reçu le soutien explicite de Tom Ridge, ancien gouverneur de Pennsylvanie et ancien secrétaire à la Sécurité intérieure, de 2001 à 2005, dans le cabinet de George W. Bush, actuel président des États-Unis. Un politologue de CNN, Jeff Greenfield, doute toutefois que ce ralliement puisse constituer un renfort décisif pour le sénateur de l'Arizona, citant en exemple la campagne des démocrates en 1972, au cours de laquelle, en début d'année, le sénateur Ed Muskie disposait d'une grande majorité des caciques du Parti démocrate, ce qui n'avait pas empêché le candidat de s'effondrer au cours du processus des primaires. Et Jeff Greenfield de conclure, avec un certain humour, qu'à ses yeux un soutien peut revêtir de l'importance lorsqu'il émane d'une source inattendue, citant en guise d'exemple un très hypothétique soutien que l'ancien président Bill Clinton, époux de la sénatrice Hillary Rodham Clinton, serait susceptible d'apporter à son concurrent Barack Obama (sénateur de l'Illinois, considéré comme le rival le plus sérieux de Mme Clinton dans la course à l'investiture démocrate).

John McCain, qui est âgé de 70 ans, est un vétéran de la guerre du Viêt Nam, où il a été prisonnier durant cinq ans et demi entre 1967 et 1974. Durant quatre ans, de 1983 à 1987, il a été membre de la Chambre des réprésentants des États-Unis, au titre de l'État de l'Arizona. En 1987, il a pris la succession de Barry Goldwater, en devenant sénateur, fonction qu'il occupe encore à ce jour.

S'il était élu à la présidence en novembre 2008, il deviendrait le plus âgé des présidents lors de sa première élection (72 ans, alors que le record est détenu par Ronald Reagan, âgé de 69 ans lors de sa première élection en 1980). Certains observateurs estiment que son âge serait susceptible de le desservir, mais il faut remarquer que cet âge relativement avancé n'avait justement pas constitué un obstacle dans le cas de l'ancien acteur et ancien gouverneur de Californie.

Par contre, un élément serait certainement susceptible de le handicaper : John McCain est en effet un des plus chauds partisans de la guerre en Irak, devenue très impopulaire au sein de l'électorat américain, et dont tous les analystes qu'elle est probablement responsable de la victoire des démocrates dans les deux chambres du Congrès, en novembre dernier, lors des élections dites du mid-term (mi-mandat).

Il avait déjà tenté, en 2000, d'obtenir l'investiture du Parti républicain mais, après une défaite en Caroline du Sud, ne s'était pas remis de la série d'échecs (dans 9 États sur 13) lors du Super Tuesday (7 mars 2000), face à George W. Bush, qui avait finalement porté les couleurs républicaines en novembre.

Sources

Sources anglophones
Sources francophones