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De l'huile de moteur dans l'huile de cuisine

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Publié le 14 juin 2008
40 000 tonnes d’huile de tournesol en provenance d'Ukraine mélangée à du lubrifiant pour moteur sont présentes dans les rayons des magasins français. La mayonnaise, les plats cuisinés, la vinaigrette industrielle, les conserves à l’huile préparées avec de l’huile de moteur peuvent être achetées à l'insu des consommateurs dans les grandes surfaces. On la trouverait également dans le surimi, le céleri rémoulade, la soupe de poisson en conserve, le poisson pané, les paupiettes de veau, le thon et les sardines à l’huile, la pâte à tartiner chocolatée, les gaufrettes à la confiture, les barres céréalières pour enfants, les cookies, la mayonnaise, le tarama, la sauce béarnaise et la sauce vinaigrette.

Selon le communiqué de presse de la DGCCRF du 15 mai 2008[1] il ressortirait qu'étant informé de la fraude le lundi 7 avril 2008, l'importateur Saipol, numéro un français de la transformation des oléagineux et propriétaire de Lesieur, prévient la Répression des Fraudes le mardi 22 avril 2008 d'un problème dans son usine de Sète, raffinerie d’huile de tournesol brute : une grande quantité d’huile achetée en Ukraine est complétée à l’huile de moteur, huile minérale dérivée d’hydrocarbure.

Le Canard enchainé déclare que, selon ses sources, sur 2 800 tonnes d’huile livrées en France, 19 tonnes étaient de l'huile de moteur. Le 23 avril, la France informe les pays européens via le système RASFF [2],  : cette cargaison fait partie d’un lot de 40 000 tonnes, avec un taux de contamination de 5790 mg/kg, distribué en France, aux Pays-Bas, en Italie et en Espagne. La tonne d’huile de tournesol brute coûtant 1 800 euros et 280 tonnes d’huile de moteur y ayant été amalgamées, un bénéfice de 504 000 dollars a pu être fait par les escrocs.

Le 26 avril[3], la Commission européenne et la répression des fraudes donnent l’alerte. Officiellement, l’huile frelatée et les plats préparés sont retirés des rayons. Carrefour Promodès déclare qu'il a retiré près de 200 produits !

Mais la question reste posée : combien de produits contenant de l’huile frelatée ont-ils été distribués entre-temps ?

Plus grave, tous les produits contenant de l’huile contaminée n’ont pas été retirés des rayons. Le 2 mai, la Commission européenne a autorisé la vente d'aliments contenant moins de 10% d’huile de tournesol frelatée.

Selon le rapport de l'AFSSA (Agence Française de Sécurité des Aliments) du 7 mai[4] : les huiles minérales identifiées pourraient contenir environ 5 % d'huiles toxiques de classe II et III. Les données de contamination montreraient qu'un enfant de 3 à 14 ans, fort consommateur d'aliments contaminés contenant moins de 10 % d'huile minérales serait soumis à une exposition de 0,012 mg/kg pc/j en ce qui concerne les huiles de classe II et III et pourrait ainsi dépasser la DJA de ces mêmes huiles de classe II et III qui serait de 0,010 mg/kg pc/j, selon la norme JECFA 2002.

Notes

Sources


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  • ((fr)) –  « De l'huile de moteur dans notre alimentation ! ». Le Canard enchainé, 14 mai 2008.